Reflex animés

Les reflex numériques seront une fois encore les stars de la rentrée photo. La preuve à la grand-messe mondiale de la Photokina qui débute ce mardi à Cologne. En voici les principales tendances en quatre clics.

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Vincent Braun

Les reflex numériques seront une fois encore les stars de la rentrée photo. La preuve à la grand-messe mondiale de la Photokina qui débute ce mardi à Cologne. En voici les principales tendances en quatre clics.

1 Définition. On la pensait un peu reléguée au rang de cliché, mais la course au pixel est plus que jamais d'actualité. Sans doute parce qu'elle est encore et toujours un argument commercial de poids. Alors que les capteurs des derniers compacts atteignent des définitions de 12 à 15 millions de pixels, ceux des reflex ne pouvaient rester en rade. Canon et Sony viennent tout deux d'annoncer des boîtiers équipés de capteurs dont la définition culmine à plus de 20 millions de pixels: 21,1 Mp pour le Canon Eos 5D Mark II et... 24,6 Mp pour le Sony Alpha 900 - à titre de comparaison, c'est deux fois plus que le récent D3, le boîtier professionnel de Nikon.

2 Capteur. Après les boîtiers pros, certains boîtiers reflex experts (les deux cités ci-dessous et le Nikon D700) adoptent un capteur dit "plein format", aux dimensions historiques du film (24x36 mm). De tels capteurs permettent d'accueillir davantage de photosites sans devoir trop en réduire la taille. Leur exposition à la lumière est donc optimale, ce qui se traduit par de meilleures performances dans les hautes sensibilités, mais aussi par un rendu de la profondeur de champ semblable à celui du film. "Le numérique a toujours été décrié par les puristes de l'argentique, qui ont toujours affirmé qu'on n'arriverait jamais à égaler la qualité d'image du film. Aujourd'hui, je pense qu'on est arrivé à l'équivalence, tant du point de vue de la définition, de la taille, des couleurs", soutient Etienne Renard, Senior Manager Digital Imaging chez Sony Belgique. Mais ces grands capteurs très définis ont beau fournir une image d'excellente facture, celle-ci se fait de plus en plus lourde. D'où ces deux questions posées par Maarten Goossens, responsable technique chez Nikon Belux : "Est-ce bien utile et voudra-t-on encore acheter des pc qui pourront prendre en charge le traitement d'images aussi lourdes ?".

3 Sensibilité. Le niveau technologique du couple capteur/processeur permet aux reflex numériques d'afficher des sensibilités record. Il est aujourd'hui possible de photographier à 3200, voire 6400 iso, presque sans la moindre correction logicielle (de bruit chromatique). Certains boîtiers proposent même des extensions de la plage sensible jusqu'à 12 800, voire 25 600 iso, des sensibilités jamais vues grâce auxquelles il devient quasiment possible de photographier dans l'obscurité. Ce qui rend aujourd'hui la possession d'optiques très lumineuses moins nécessaire qu'auparavant.

Cette prouesse technique a forcément ses limites. "En allant vers ces sensibilités extrêmes, on est clairement en dehors des normes voulues par l'usine s'agissant de la qualité d'image. Car, ce faisant, on réduit la gamme dynamique du capteur. C'est une possibilité à n'utiliser qu'en cas de dernier ressort, par exemple lorsque l'on se trouve déjà à l'ouverture maximale mais que l'obscurité est telle qu'on ne dispose pas d'une vitesse suffisamment élevée pour déclencher à main levée", explique Filip Vandenbempt, Communications Manager chez Canon Belgique.

4 Vidéo. La vidéo en qualité haute définition fait son apparition sur des boîtiers qui jusqu'ici étaient par essence dévolus à l'image fixe. C'est le cas sur les tout nouveaux Nikon D90 et l'Eos 5D Mark II, deux reflex situés dans le créneau expert, ou semi-professionnel. Les images prises via le capteur sont ensuite ramenées à une définition de 2 mégapixels (1920x1080 pixels) et à une cadence de 30 images par seconde. Pour surprenante qu'elle soit, la vidéo sur un reflex correspond à une logique bien précise. "C'est notre réponse à l'évolution du monde des médias et de la pratique des professionnels de l'image. D'une part, les journaux et les magazines sont de plus en plus demandeurs de spots vidéo, de petites séquences genre making of, pour animer leurs plates-formes multimédia. D'autre part, les photographes professionnels deviennent aussi des reporters vidéo, en raison de la demande des médias. L'image animée devient donc un complément naturel de l'image fixe", commente-t-on chez Canon. "Bien sûr, il n'est pas question de remplacer la caméra vidéo", souligne-t-on chez Nikon. "Il y a juste une demande de consommateurs qui restent intéressés en priorité par la photo mais qui de temps en temps souhaitent faire un petit film". L'avantage est de pouvoir utiliser toute la gamme d'objectifs disponibles; l'inconvénient est de s'en tenir à des séquences de moins d'une demi-heure et qui nécessitent... une mise au point manuelle. Miroir relevé oblige. Eh oui, on l'oublierait presque, nous sommes dans le monde des reflex.

Vincent Braun