Les points noirs du résidentiel européen

Le marché européen de l'immobilier résidentiel s'en est finalement pas mal sorti. En 2007 du moins. Tel est le constat général que tire le réseau d'agences Era (*) de son étude comparative de l'immobilier résidentiel des 19 pays d'Europe où il est actif. Le groupe étant né aux Etats-Unis, le problématique marché américain vient parfaire la comparaison.

C.M.

Le marché européen de l'immobilier résidentiel s'en est finalement pas mal sorti. En 2007 du moins. Tel est le constat général que tire le réseau d'agences Era (*) de son étude comparative de l'immobilier résidentiel des 19 pays d'Europe où il est actif. Le groupe étant né aux Etats-Unis, le problématique marché américain vient parfaire la comparaison.

1 Transactions : pas de sauve-qui-peut. Ce qui ne veut pas dire que l'activité est restée stable. Certains pays affichent un nombre de transactions en hausse : le Luxembourg (+ 34 pc), la France (+ 11 pc), la Belgique (+ 4,5 pc). En chiffres absolus, cela correspond à 121 000 transactions conclues en Belgique, soit le résultat le plus élevé en six ans. Dans la plupart des autres pays analysés, le recul est avéré : en Italie (- 4,6 pc), en Grande Bretagne (- 4,7 pc), en Allemagne (- 8 pc). En Espagne et au Portugal, il est plus marqué (- 12 pc), et en Irlande, on peut même parler de débâcle (- 23 pc).

2 Les prix : peu sont en baisse. En 2007, le prix moyen d'un logement en Belgique a encore augmenté de 8,7 pc à 184500 €, soit 15000 € de plus qu'en 2006. Le plat pays n'est pas le seul à accuser une énième hausse. Ainsi, malgré un recul du nombre de transactions, les prix ont encore augmenté de 5,4 pc en Espagne. La Suède détient le record absolu avec une flambée de 27 pc. Ailleurs, et notamment en Allemagne de l'Ouest, au Portugal et en Irlande, les prix ont plutôt diminué, la plus forte baisse étant enregistrée par l'Irlande à 7,3 pc.

3Durée de vente en forte hausse en Espagne et en Irlande. Le nombre de jours qu'une habitation attend, en moyenne, avant de trouver preneur est une indication importante de l'état d'un marché. Plus ce nombre est élevé, plus la crise est présente. En Espagne et au Portugal, le délai moyen d'exposition sur le marché était de 8 mois ! Soit respectivement deux et un mois de plus qu'en 2006. Au Royaume-Uni, autre pays en crise, le délai... n'a pas été mentionné. Et en Belgique ? Il est passé de 85 à 90 jours. Il n'y a guère qu'aux Pays-Bas que les biens se sont vendus plus rapidement en 2007 qu'en 2006 : 75 jours, soit 28 de moins.

4 Les pays qui continueront à connaître la crise. Il est indéniable, reconnaît Era, que la plupart des marchés européens stagnent. Pour d'autres, c'est vraiment la crise, dont ils ne se remettront pas si facilement.

Telle l'Espagne qui continuera de pâtir de la suroffre de nouvelles constructions sur ses côtes. Le réseau d'agences pense qu'il faudra encore de nombreuses années avant de revenir à la normale, d'autant que les acheteurs étrangers - principalement des Britanniques, Irlandais, Allemands, Néerlandais et Belges - sont désormais confrontés chez eux à des problèmes de pouvoir d'achat. Dans les lieux moins touristiques (grandes villes, intérieur du pays), les ventes et les prix sont restés au même niveau.

L'Irlande, pour la même raison de suroffre, continuera aussi à souffrir. De même que le Royaume-Uni : le nombre de transactions y a dégringolé d'environ 20pc au cours des 12 derniers mois et cette chute pourrait encore se poursuivre jusqu'à 35 pc.

Les plus durement frappés par la crise sont et restent les Etats-Unis. Le nombre de ventes y est passé de 7 millions en 2005 à environ 4,8 millions en 2008. Mais, si les prix de vente ont chuté fortement dans certains États, il ne faut pas oublier, conclut Era, qu'ils avaient connu une hausse spectaculaire depuis 2000.

Era est présent dans 51 pays et compte plus de 3 000 agences indépendantes affiliées. Le réseau est actif en Belgique depuis 1995 où il compte 115 agences.