Axel Miller lâché sans "parachute"

Vendredi matin, un communiqué de Dexia annonçait que le Belge Axel Miller renonçait à sa prime de départ de 3,7 millions d'euros.

Axel Miller lâché sans "parachute"
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AvC

Vendredi matin, un communiqué de Dexia annonçait que le Belge Axel Miller renonçait à sa prime de départ de 3,7 millions d'euros. "A la suite de ma décision de remettre mon mandat d'administrateur délégué à disposition, j'ai également décidé que je ne demanderai pas le paiement d'indemnités de départ. Je m'en remets à la sagesse du conseil d'administration pour déterminer, à la fin de la gestion des affaires courantes qui m'a été confiée, le bilan de mon action au sein du groupe Dexia", souligne le communiqué.

Controverse

On aurait pu croire un moment que le patron démissionnaire du groupe franco-belge avait préféré renoncer à cette somme face à la controverse autour des parachutes dorés réapparue à cause de la crise financière. En fait, même s'il y a peut-être pensé, il a été de toute façon forcé de le faire par les Français. Un porte-parole de la ministre française des Finances, Christine Lagarde, a d'ailleurs précisé que des négociations entre son cabinet et les dirigeants démissionnaires de Dexia, Axel Miller et Pierre Richard (le président du conseil d'administration), ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi. "Christine Lagarde a indiqué que c'était la condition que la France mettait pour la recapitalisation de Dexia", a ajouté ce même porte-parole, qui précise que M. Richard ne "bénéficie quant à lui d'aucune indemnité de départ".

Le forcing des Français est donc directement lié aux violentes critiques sur les parachutes dorés. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs demandé aux organisations patronales de lui présenter avant le Conseil des ministres de mardi prochain leurs propositions pour encadrer les rémunérations des chefs d'entreprise, dont les "parachutes dorés", a annoncé vendredi l'Elysée.

Beaucoup d'observateurs se demandent néanmoins pourquoi les Belges, qui sont majoritaires dans le capital, subissent le diktat des Français, lesquels détiennent 25 pc après l'augmentation de capital. Selon certains observateurs, les Belges se sont mis dans une situation de demandeurs vu l'argent limité qu'ils pouvaient mettre sur la table. Et cela ne vise pas seulement le gouvernement et les Régions, mais aussi les actionnaires existants comme le Holding communal ou Arcofin. Un groupe comme Arco va ainsi devoir emprunter pour injecter 350 millions d'euros.

En tout cas, le départ d'Axel Miller semble susciter beaucoup d'amertume au sein du personnel. Un employé a ainsi lancé une pétition (avec déjà environ 2000 signatures, paraît-il) pour qu'il reste en place.

Reste aussi la question de la succession d'Axel Miller. Il n'est pas impossible que le futur CEO soit un Français. Le nom de Jacques Guerber, le vice-président du comité de direction, est cité.

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