Le Congrès américain entérine le plan Paulson

La Chambre des représentants américains a approuvé vendredi, par 263 voix contre 171, le plan de sauvetage bancaire de 700 milliards de dollars proposé par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Une majorité de 218 voix était nécessaire pour faire passer ce texte à la Chambre, qui l'avait rejeté le 29 septembre par 228 voix contre 205.

La Chambre des représentants américains a approuvé vendredi, par 263 voix contre 171, le plan de sauvetage bancaire de 700 milliards de dollars proposé par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Une majorité de 218 voix était nécessaire pour faire passer ce texte à la Chambre, qui l'avait rejeté le 29 septembre par 228 voix contre 205. Mercredi dernier, le Sénat avait adopté haut la main (74-25) un texte amendé par des ajouts divers pouvant satisfaire les élus récalcitrants. Les sénateurs avaient ainsi ajouté quelque 150 milliards de crédits d'impôts et autres aides diverses aux 700 milliards de dollars de ressources accordées au Trésor pour stabiliser le système financier, dont un amendement faisant passer de 100 000 à 250 000 dollars la garantie de l'Etat sur les dépôts bancaires.

La loi, désormais entérinée par le Congrès, a été directement envoyée au président George W. Bush pour signature. Dès vendredi soir, ce dernier a salué l'adoption du plan de sauvetage, promettant de le promulguer rapidement (ce qui a été fait en soirée) et le qualifiant de vital "pour aider l'économie américaine à survivre à la tempête financière". M.Bush a toutefois averti que "cela prendrait du temps" avant que les effets du plan se fassent sentir. Le secrétaire au Trésor a, quant à lui, promis de passer rapidement à l'action. "Ce vote était évidemment très important. Il protège les Américains, il protège leurs emplois et leur bien-être économique, les petites entreprises et l'épargne. C'était un vote clef et crucial", a-t-il déclaré, promettant d'aller rapidement de l'avant.

Wachovia : Wells Fargo dribble Citi

Wall Street s'inscrivait en hausse peu après l'adoption du plan de sauvetage, avec une progression du Dow Jones de 1,27 pc. Plus tôt dans la journée, la Bourse de New York avait été soutenue par le rachat annoncé de la banque Wachovia par sa concurrente Wells Fargo, nouvel exemple de la restructuration du secteur bancaire américain qui est en marche depuis plusieurs semaines.

Wells Fargo a annoncé qu'elle allait acheter la totalité des activités de Wachovia pour 15,1 milliards de dollars en actions, contrant ainsi une offre précédente de Citigroup qui portait sur les seules activités bancaires. Wachovia est la quatrième banque américaine par les actifs et Wells Fargo la cinquième. Leur fusion, si elle est concrétisée, donnerait naissance à un nouveau géant bancaire, présent sur la plus grande partie du territoire américain, avec 1420 milliards de dollars d'actifs, 280 000 employés et 10 700 agences.

Citigroup a directement déclaré que la fusion annoncée entre Wachovia et Wells Fargo constituait une "rupture claire" de l'accord d'exclusivité signé avec elle par Wachovia. Citigroup soutient en effet que l'accord passé avec Wachovia excluait que celle-ci puisse entrer "en discussions ou en négociations" avec un tiers. Citigroup note également qu'elle avait soutenu financièrement Wachovia, en lui fournissant des liquidités. Par conséquent, Citigroup "a réclamé à Wachovia et Wells Fargo de mettre un terme et de ne pas concrétiser la transaction proposée". Sinon, elle menace de faire jouer "ses droits légaux", en une allusion directe à une contestation de l'opération devant les tribunaux.

"Nous n'avons pas encore examiné la nouvelle offre de Wells Fargo et les questions qu'elle soulève, a réagi par voie de communiqué la banque centrale américaine (Réserve fédérale) . Les régulateurs vont travailler avec les parties pour aboutir à un résultat qui protège tous les créanciers de Wachovia, y compris les déposants, qu'ils soient assurés ou non, et qui favorise la stabilité du marché." (D'après AFP)

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