Dexia : pas de démantèlement en vue

Plongé dans la crise financière qui secoue le secteur, le groupe Dexia a tenu un conseil d'administration dimanche en fin d'après-midi. D'autres rencontres devraient intervenir dans les prochains jours pour suivre de près l'évolution de la situation. Dimanche, les administrateurs qui ont eu une réunion par téléphone ont examiné divers points : l'état de la situation, le problème des liquidités et la confiance des banques.

Ph. Law.

Plongé dans la crise financière qui secoue le secteur, le groupe Dexia a tenu un conseil d'administration dimanche en fin d'après-midi. D'autres rencontres devraient intervenir dans les prochains jours pour suivre de près l'évolution de la situation. Dimanche, les administrateurs qui ont eu une réunion par téléphone ont examiné divers points : l'état de la situation, le problème des liquidités et la confiance des banques. "Le conseil d'administration en a profité pour revoir la situation de liquidité du groupe et a considéré, compte tenu notamment des mesures complémentaires prises durant la semaine écoulée et l'évolution positive constatée récemment, que le groupe était en mesure de faire face aux conditions dégradées que l'on a pu observer sur les marchés financiers", indique le communiqué peu explicite et ne contenant aucun élément chiffré.

Pas de problème de liquidités

Pas de panique donc à bord, mais un discours visant à rassurer les clients et les épargnants, malgré les turbulences. Mais le communiqué de Dexia est loin d'être un exemple de grande transparence. Les rumeurs d'un éventuel démantèlement du groupe avec une possible cession de la branche retail (banque) à la Société générale (France) seraient-elles infondées ? "Les Français tiennent à l'unité du groupe et ils l'ont encore réaffirmée aujourd'hui (dimanche après-midi). Ils n'y voient pas l'intérêt et disent qu'il faut continué ensemble puisque les gouvernements belge et français ont mouillé leur chemise ensemble pour sauver le groupe", nous dit une source proche du dossier.

Mais la méfiance demeure dans le secteur bancaire et Dexia n'y échappe pas. Le groupe a vu une vingtaine de ses lignes de crédits fermées par des institutions financières et bancaires. "Ce sont de petites lignes de crédits. Mais les banques centrales font confiance et il n'y a pas de problèmes de liquidités urgents dans l'immédiat", dit-on.

Pour rappel, la Belgique et la France ont participé le 30 septembre à une augmentation de capital du groupe à hauteur de 6,4 milliards, d'euros dont 3 milliards apportés par le gouvernement français.

Proche de Sarkozy chez Dexia

Concernant les difficultés auxquelles est confrontée Hypo Real Estate (HRE), la quatrième banque allemande, Dexia soutient qu'elles "n'auraient qu'un impact très limité" sur sa solvabilité. Mais selon une source interne, l'exposition du groupe Dexia à HRE s'élèverait à un maximum de 200 millions d'euros, ce qui confirme les informations de nos confrères de "L'Echo" et du "Tijd". On serait donc loin d'un impact de plus de trois milliards d'euros avancés par certains confrères. "En réaction à des rumeurs concernant de possibles conséquences négatives pour Dexia suite aux difficultés rencontrées par Hypo Real Estate, Dexia affirme que les risques de crédits relatifs à HRE n'auraient qu'un impact imité sur la solvabilité du groupe", indique encore le communiqué du groupe belgo-français. Par ailleurs, plusieurs observateurs internes rappellent dans le même temps que le sort de Hypo Real Estate est loin d'être scellé. Car "le gouvernement allemand tente de sauver la banque, donc tout n'est pas encore joué", dit-on.

Des rumeurs circulent sur le successeur du CEO, Axel Miller, qui a démissionné la semaine dernière et a aussi renoncé à son indemnité de départ de 3,7 millions d'euros. D'après certaines sources, Pierre Mariani, ex-chef de cabinet de Nicolas Sarkozy et membre du comité exécutif de BNP Paribas, serait pressenti pour succéder au Belge. Pour rappel, ce sont les Français qui ont demandé le départ du président de Dexia Pierre Richard et de l'administrateur-délégué Axel Miller. C'est aussi le gouvernement français qui a fait pression sur ce dernier pour qu'il abandonne son parachute doré.

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