Dierckx : "Ce fut une décision extrêmement difficile"

Contrairement aux dernières conférences téléphoniques où il ne laissait rien transparaître, Filip Dierckx, le nouveau CEO de Fortis, n'a pas caché son immense déception et sa tristesse.

AvC

Contrairement aux dernières conférences téléphoniques où il ne laissait rien transparaître, Filip Dierckx, le nouveau CEO de Fortis, n'a pas caché son immense déception et sa tristesse. La vente à BNP Paribas de l'essentiel des actifs qui restaient dans Fortis (lire-ci-dessous) "fut une décision exceptionnellement difficile", a-t-il souligné d'emblée. "C'est douloureux pour tout ce qu'on a construit depuis 18 ans. Mais nous n'avons pas eu d'autre choix que de prendre de telles mesures", a-t-il ajouté.

Ensuite, il s'est évertué à énumérer les atouts de BNP Paribas (numéro un dans la zone euro,...) avant de donner des détails sur l'opération annoncée dimanche soir et puis de répondre aux questions.

Des questions parfois embarrassantes auxquelles il a répondu avec ce ton un peu monocorde. A un journaliste qui lui demandait dans quelle mesure les hauts dirigeants de Fortis avaient participé aux négociations de ces derniers jours, il a répondu que "le gouvernement avait été très impliqué par la négociation. Mais les gens de Fortis ont joué un rôle en accord avec le gouvernement". D'après lui, le conseil d'administration se trouvait face à un "dilemme" : soit il choisissait le stand alone soit l'intégration dans BNP Paribas. "Ce fut une décision sage" de ne pas prendre le risque de rester seul compte tenu de la pression sur le financement du secteur.

Trois hommes clés

Le conseil d'administration présidé par le Néerlandais Jan-Michiel Hessel depuis la démission de Maurice Lippens a tenu une réunion exceptionnelle la semaine dernière "pour assister le management". Trois hommes jouent un rôle clé : deux Néerlandais (Jan Michiel Hessels, Klaas Westdijk) et un Belge (Philippe Bodson). Que va-t-il devenir ? "Il n'y a pas de nouvelles à ce stade", a répondu Filip Dierckx.

Et dans quelle mesure la vente des actifs aux Pays-Bas à l'Etat néerlandais était nécessaire ? Filip Dierckx, a reconnu que l'idée de départ était de vendre seuls les actifs d'ABN Amro. "Et puis il y a eu un package global."

Et va-t-il encore rester longtemps aux commandes du groupe ?

Interrogé lors de la conférence de presse sur un éventuel changement de management au sein de Fortis avec parachutes dorés à la clé, le patron de BNP Paribas, Baudouin Prot, a répondu prudemment. "BNP est professionnel et pragmatique. On regarde tranquillement avec les autorités belges ce qu'il convient de faire pour gérer au mieux les intérêts des actionnaires", a-t-il dit. Mais à cette même conférence de presse organisée dans un hôtel bruxellois, on a appris que le management de la banque italienne BNL rachetée en 2006 par BNP Paribas avait été changé. Le nouveau patron est tout de même un Italien...

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