Faut-il se méfier des Français ?

Lors de la conférence de presse organisée hier dans un hôtel bruxellois pour commenter l'acquisition de Fortis, le patron de BNP Paribas, Baudouin Prot, a expliqué à plusieurs reprises que la banque qu'il dirige est une des mieux notées au monde et une des rares à traverser cette effroyable crise financière sans trop de dégât.

Lors de la conférence de presse organisée hier dans un hôtel bruxellois pour commenter l'acquisition de Fortis, le patron de BNP Paribas, Baudouin Prot, a expliqué à plusieurs reprises que la banque qu'il dirige est une des mieux notées au monde et une des rares à traverser cette effroyable crise financière sans trop de dégât. Voilà un message qui, par les temps qui courent, a de quoi rassurer tout le personnel (25 000 personnes en Belgique) et les millions de clients de Fortis. Et c'est vrai, paraît-il, que les banquiers français ont impressionné leurs collègues belges ces derniers jours pour leur professionnalisme.

C'est donc a priori un très beau nom de la finance qui débarque en Belgique. Bien sûr cette arrivée suscite des grincements de dents. Tout d'abord parce que BNP Paribas a profité de l'extrême faiblesse de Fortis pour mettre le grappin dessus. Autrement dit, les conditions étaient idéales pour ne pas payer le prix plein. De quoi rendre furieux les centaines de milliers d'actionnaires qui sont les grands perdants de cette opération.

Il faut dire que BNP Paribas a négocié avec le gouvernement belge, qui, lui, avait comme priorité la défense de l'épargnant et la poursuite du système bancaire belge. La banque a donc clairement joué un rôle de prédateur. On verra si des actionnaires minoritaires n'iront pas un jour en justice pour contester les conditions de la vente. Certains semblent l'envisager d'ores et déjà. L'arrivée de BNP suscite aussi des craintes au niveau du personnel. Peut-être à juste titre. Des doublons paraissent évidents notamment dans les services centraux.

De plus, comme toujours quand il faut tailler dans les effectifs, on préfère le faire à l'étranger, là où cela risque de faire moins de remous. Faut-il rappeler l'exemple de la fermeture de Renault Vilvorde ou de la purge de VW Forest ? On sait aussi ce que valent les promesses de centres de décision maintenus en Belgique...

A cet égard, on peut avoir des craintes quand on voit tout ce qui se trame chez Dexia. Comment se fait-il que ce soit Nicolas Sarkozy qui dicte sa loi à un groupe contrôlé par les Belges ?

Les difficultés rencontrées par Fortis ont permis aux Français de mettre la main sur un des bastions de l'économie belge. Ne serait-il pas dommage que cela se reproduise avec Dexia?

Sur le même sujet