7 banques centrales tentent une thérapie de choc

Sept banques centrales mondiales dont la BCE et la Fed ont frappé un grand coup mercredi en abaissant de manière concertée et inattendue leurs taux directeurs, alors que la crise financière enfle et menace de plus en plus la croissance. Qu'est-ce qu'un krach boursier? Wall Street ouvre en baisseLa cotation de Fortis encore suspendueDexia demeure fragile Fortis: le calcul caché de l'EtatEdito - Crise bancaire: Où est l'Europe?Sondage: les Belges face à la crise (PDF) Réagissez sur notre forum

7 banques centrales tentent une thérapie de choc
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AFP

Sept banques centrales mondiales dont la BCE et la Fed ont frappé un grand coup mercredi en abaissant de manière concertée et inattendue leurs taux directeurs, alors que la crise financière enfle et menace de plus en plus la croissance.

La Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed), et leurs homologues suédoise, britannique et canadienne ont toutes baissé leurs taux respectif d'un demi-point. La Banque nationale suisse a suivi le mouvement, avec une baisse de 0,25 point. Et au même moment la Chine a elle aussi annoncé une baisse des taux des prêts à un an.

Il faut remonter à 2001, après les attentats du 11 septembre, pour retrouver un exemple comparable d'action concertée, mais de moindre ampleur.

En zone euro, le taux de refinancement passe désormais à 3,75%, aux Etats-Unis à 1,5%. Motivation des banques centrales: les "signes de faiblesse de l'activité économique" couplés à "une réduction des pressions inflationnistes", selon le communiqué de la Fed, le tout sur fond "d'intensification de la crise financière".

Des rumeurs de baisse circulaient sur les marchés depuis quelques jours déjà, et la pression se faisait de plus en plus forte sur les banques centrales alors que les perspective économiques se dégradent à vue d'oeil. Le Fonds monétaire international (FMI) devrait dans son rapport d'automne publié dans la journée drastiquement revoir à la baisse ses perspectives de croissance pour la plupart des régions du monde.

La thérapie de choc décidée par les banques centrales a été immédiatement saluée par le président français Nicolas Sarkozy qui y voit une "décision très importante."

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé quant à elle que cette action pouvait "aider à restaurer la confiance.". Une baisse des taux est l'instrument principal à la disposition des banques centrales pour influer sur l'activité économique en diminuant le coût du crédit.

Après l'annonce les Bourses mondiales, en pleine déroute depuis lundi, ont connu un moment de répit. A Francfort le Dax a réduit ses pertes, à Paris le CAC40 est repassé dans le vert, à Londres le Footsie a remonté la pente.

L'euro s'est quant à lui nettement redressé. Pour certains économistes toutefois, l'action surprise des banques centrales n'est pas un remède miracle.

"De toute manière le marché monétaire est bloqué", assurait ainsi à l'AFP Gilles Moëc, de Bank of America, un peu avant l'annonce. En effet le crédit se raréfie, en raison d'un climat de méfiance extrême sur le marché interbancaire.

Les banques centrales sont aux premières loges pour constater cette évolution: plusieurs fois par jour depuis le début de la crise elles abreuvent leurs banques en liquidités. En zone euro ces derniers jours la demande pour ces appels d'offre était de plus en plus forte, les taux de plus en plus élevés, signe que les banques sont aux abois.

Hypo Real Estate en Allemagne, UniCredit en Italie, UBS en Suisse... la liste des banques dans la tourmente ne cesse de s'allonger, et les Etats de devoir voler à leur secours. Mercredi c'est le Royaume-Uni qui a annoncé un plan de sauvetage de ses banques.

La Banque du Japon a indiqué mercredi soutenir les mesures prises par ses homologues, mais n'y a pas pris part en raison du niveau déjà très bas de son taux directeur, à 0,5%.

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