Bourses OK, banques KO !

Les marchés boursiers européens ont donné l'impression de rechercher un point d'équilibre après le très fort recul enregistré lundi. Un début de reprise ? Pour Xavier Servais, portfolio manager chez Dresdner Van Moer Courtens,

Les marchés boursiers européens ont donné l'impression de rechercher un point d'équilibre après le très fort recul enregistré lundi. Un début de reprise ? Pour Xavier Servais, portfolio manager chez Dresdner Van Moer Courtens, "c'est vrai sans doute pour la plupart des valeurs, mais les titres du secteur bancaire ont connu une séance très dure, à nouveau. Le problème est toujours le même ici, avec une crise de confiance qui ne s'arrange pas".

Cela étant, si on excepte Bruxelles qui a été pénalisée par les chutes de 12,5 et 15 pc de Dexia et de KBC, ce qui a entraîné un recul de 2,3 pc de l'indice BEL 20, quelques places européennes ont pu clôturer en légère hausse. Ce qui signifie qu'il y a encore des acheteurs. Notons qu'à Bruxelles, l'action Fortis est restée suspendue de cotation.

Correction des émergents

Quid des marchés émergents ? "On assiste là à un véritable krach, mais il faut se souvenir que certains de ces marchés avaient plus que doublé en 2007. Le retour de flamme y est donc plus fort, en raison du risque fondamental plus important, et de l'étroitesse de ces marchés", explique encore Xavier Servais. "Les baisses récentes de ces marchés commencent toutefois à peser lourd avec des pertes depuis le début de l'année de 59 pc pour la Bourse de Shanghai, de 62,50 pc pour la Bourse de Moscou, et de 55 pc pour un marché très à la mode il y a quelques mois encore, le Vietnam... Il y a ici également les effets de dénouements d'opérations spéculatives complexes basées sur des emprunts en yen à très faible coût grâce aux taux d'intérêt réduits, appelées 'carry trade'. La chute des cours force les spéculateurs à vendre les titres puis à dénouer leurs positions en rachetant du yen. On en voit la preuve dans la forte hausse du yen ces derniers. On peut donc espérer un retour au calme sur les marchés émergents."

La journée a donc surtout été dure une fois de plus pour les valeurs bancaires. En Grande-Bretagne surtout où RBS (Royal Bank of Scotland, ex-partenaire de Fortis dans le rachat d'ABN-Amro) et Lloyds TSB ont perdu respectivement 39 et 42 pc en Bourse de Londres. Aux Pays-Bas, ING a perdu 10,65 pc à 24,10 euros. A Francfort, la Commerzbank a lâché 14,2 pc (10,21 euros), la Deutsche Bank a perdu 8,9 pc (43,57 euros) et la banque en difficulté Hypo a encore perdu 4,68 pc (4,48 euros).

Il faut noter encore que la mauvaise humeur des boursiers a relativement épargné l'acheteur de la partie belge de Fortis banque et assurance, la BNP Paribas (+ 1,37 pc) donnant aux investisseurs l'impression d'avoir réalisé une excellente affaire...

Wall Street soucieuseAux Etats-Unis, Wall Street qui avait ouvert sur une légère hausse, a retourné sa tendance en cours de journée, et accru ses pertes au moment d'un discours tenu par le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke sur la santé de l'économie US, pour finir à son plus bas depuis 5 ans. Ben Bernanke a pourtant laissé entendre que la banque centrale était prête à baisser ses taux d'intérêt, pour soutenir une économie américaine touchée par une crise financière d'une "dimension historique". Les derniers indicateurs et évolutions financières montrent que les perspectives économiques se sont détériorées et que les risques baissiers ont augmenté, a expliqué Bernanke devant l'Association for Business Economics. A la lumière de l'évolution des paramètres économique, la Réserve fédérale devra voir si la position actuelle reste appropriée, a-t-il expliqué. Mais un tel geste que l'on attend aussi de la part de la Banque centrale européenne pourrait aviver les craintes des opérateurs.

P.V.C. (avec AFP et Reuters)

Sur le même sujet