Les Bourses européennes plongent dans le sillage de Tokyo

10h10: Le Bel20 a ouvert en baisse de 5,1%, à 2.380,89 points, à Euronext Bruxelles. KBC enregistre la plus grande chute dès l'ouverture avec moins 17%. Dexia continue sa descente (-11,8%). L'action Fortis est toujours supendue. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi sur une chute de 9,38%, le pire crash enregistré par le marché tokyoïte depuis le "lundi noir" de 1987. Le BEL 20 souffre à cause des banques Dexia demeure fragile Fortis: le calcul caché de l'EtatEdito - Crise bancaire: Où est l'Europe?GB: Le gouvernement nationalise partiellement les banques

Les Bourses européennes plongent dans le sillage de Tokyo
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Les Bourses européennes plongeaient mercredi matin, après la dégringolade de 9,38% de la Bourse de Tokyo, les marchés continuant à s'affoler de la crise financière et de ses répercussions sur l'économie générale.

La Bourse de Paris était en chute libre mercredi matin, le CAC 40 dégringolant de 8,18% et retombant à son plus bas niveau depuis décembre 2003, dans un marché affolé par la poursuite de la crise financière et ses répercussions sur l'économie.

A 10H00 (8H00 GMT), l'indice vedette perdait 305,37 points à 3.426,85 points, après avoir franchi en quelques minutes les seuils de -5%, -6% et -7%. Il s'était offert un bref répit mardi, reprenant 0,55% au lendemain d'une débâcle historique (-9,04%).

A Francfort, l'indice vedette Dax est passé en dessous de la barre des 5.000 points mercredi dans la matinée à la Bourse de Francfort, sur fond de crise financière.

A 07H52 GMT, il pointait à 4.990,12 points, en recul de 6,32%. Le Dax n'était plus passé sous le seuil des 5.000 points depuis l'automne 2005.

Le Footsie-100, l'indice vedette de la Bourse de Londres, s'enfonçait pour sa part dans le rouge mercredi en début de matinée, perdant plus de 7% vers 07H59 GMT, malgré l'annonce par le gouvernement britannique d'un plan de sauvetage des banques du pays.

Le mouvement de baisse était largement répandu sur le vieux continent. La chute était tellement forte à Moscou que les deux Bourses de la capitale russe ont interrompu leurs cotations à 07H05 GMT. La panique à Tokyo a fait tâche d'huile.

L'indice Nikkei 225, moyenne non pondérée des 225 valeurs vedettes, a chuté en clôture de 952,58 points (-9,38%) à 9.203,32 points, son plus bas niveau depuis juin 2003, se rattrappant légèrement après avoir cédé jusqu'à 9,81%. Il s'agit de la perte la plus forte de l'indice tokyoïte en clôture depuis le 20 octobre 1987, quand il avait terminé sur un plongeon de 14,90% dans la foulée du "lundi noir" à la Bourse de New York. C'est aussi la troisième plus grosse chute de toute l'histoire du Nikkei.

Mardi soir la Bourse de New York avait continué sa chute, terminant en baisse pour la cinquième séance consécutive: le Dow Jones avait lâché 5,11% et le Nasdaq 5,80%. En Europe, Londres a annoncé une ligne de crédit de 200 milliards de livres (260 milliards d'euros) dans le cadre d'un plan de soutien aux banques prévoyant notamment une nationalisation partielle du secteur.

Le ministre des Finances Alistair Darling devait détailler mercredi, d'abord dans un communiqué publié avant l'ouverture de la Bourse à 07H00 GMT, puis dans une intervention devant le Parlement, des mesures pour assurer "un rétablissement des banques à long terme sur une base plus saine".

Selon les médias britanniques, le Chancelier de l'Echiquier devait dévoiler des mesures chocs, dont l'entrée de l'Etat au capital des banques et un engagement de l'Etat à leur apporter les liquidités nécessaires à leur bon fonctionnement. Le coût de ce plan, mis au point mardi lors d'une réunion de crise d'une à Downing Street, autour notamment du Premier ministre Gordon Brown et du gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King, est estimé par la presse britannique à 35 à 50 milliards de livres sterling (45 à 64 milliards d'euros).

Le gouvernement espagnol a également annoncé mardi la création d'un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d'euros. Mardi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé une nouvelle mesure de soutien avec l'achat de billets de trésorerie, instruments financiers qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités, espérant ainsi empêcher la contagion de la crise du crédit à l'économie réelle.

En vain. Wall Street est tombée dans la foulée à son plus bas niveau depuis cinq ans après une chute de 5,11% du Dow Jones et de 5,80% du Nasdaq, contaminant ensuite les marchés asiatiques.

"Ce genre de mesure ne fonctionne plus. C'est comme d'insuffler du sang dans un coeur alors que les artères fuient de toutes parts", a estimé Hiroichi Nishi, courtier chez Nikko Cordial à Tokyo.

Le président de la Fed Ben Bernanke a évoqué une prochaine baisse des taux en soulignant que "les perspectives de croissance économique se sont dégradées" et que "les risques pesant sur la croissance ont augmenté".

Les ministres des Finances de l'Union européenne (UE) ont pris mardi leur première mesure commune concrète, après la cacophonie des derniers jours, en se mettant d'accord pour garantir les dépôts bancaires des particuliers jusqu'à 50.000 euros, contre 20.000 auparavant, en cas de faillite de leur banque.

Pour essayer de rétablir la confiance, les 27 pays de l'UE ont promis de soutenir leurs groupes financiers en cas de difficulté. Mais ils se réservent le droit de changer les directions des groupes aidés et de supprimer les "parachutes dorés" des patrons contraints au départ. Plusieurs banques européennes ont dû démentir des besoins en capitaux.

Les banques centrales déployaient tous leurs efforts pour éviter une panne du crédit et irriguer le marché interbancaire sur lequel les banques, plus méfiantes que jamais, ne se prêtent pratiquement plus d'argent. La Banque du Japon est ainsi intervenue mercredi pour la 16e journée ouvrable consécutive, injectant 2.100 milliards de yens (15,5 milliards d'euros) dans le marché. La banque centrale d'Australie a pour sa part alloué 1,21 milliards de dollars australiens (630 millions d'euros) aux banques.

En dehors de l'UE, l'Islande a annoncé mardi la nationalisation de la deuxième banque du pays, Landbanski, après celle de Glitnir, tandis que le président russe Dmitri Medvedev a promis jusqu'à 950 milliards de roubles (quelque 26,7 milliards d'euros) de crédits aux banques pour consolider leurs fonds propres.

Aux Etats-Unis, la crise financière s'est retrouvée au coeur du deuxième débat télévisé mardi soir à Nashville (Tennessee, sud), entre les candidats à la Maison Blanche Barack Obama et John McCain.

Tous deux ont laissé entendre qu'ils pourraient choisir au poste de secrétaire au Trésor le milliardaire Warrenn Buffett, qui a volé au secours ces dernières semaines de plusieurs grands groupes américains en détresse.

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