"Une menace sérieuse pèse sur Dexia"

Les représentants des gouvernements régionaux sont arrivés mercredi aux alentours de 23 heures à la résidence du Premier ministre Yves Leterme afin de prendre attitude en vue de garantir l'avenir de la banque Dexia en difficulté à la bourse. La situation est qualifiée de "sérieuse" et il s'agit de prendre une décision avant l'ouverture de la bourse vendredi matin.

"Une menace sérieuse pèse sur Dexia"
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La rédaction éco (avec Belga)

Les représentants des gouvernements régionaux sont arrivés mercredi aux alentours de 23 heures à la résidence du Premier ministre Yves Leterme afin de prendre attitude en vue de garantir l'avenir de la banque Dexia en difficulté à la bourse. La situation est qualifiée de "sérieuse" et il s'agit de prendre une décision avant l'ouverture de la bourse vendredi matin.

Le vice-ministre-président flamand Dirk Van Mechelen a fait état à son arrivée au Lambermont de l'existence d'une piste. Le ministre-président flamand Kris Peeters a insisté sur la concertation avec le fédéral en vue de protéger les épargnants et les petits actionnaires. "Nous allons écouter le Premier ministre et voir comment le gouvernement fédéral et les Régions peuvent se retrouver", a-t-il commenté.

Son homologue wallon est venu au Lambermont pour écouter puis prendre attitude. "Nous allons voir ce qui est proposé, nous verrons ensuite ce qui est réalisable", a indiqué Rudy Demotte, flanqué des ministres Jean-Claude Marcourt et André Antoine.

Selon un autre vice-ministre-président flamand, Frank Vandenbroucke, il s'agit de trouver jeudi soir une "méthode" en vue "d'éloigner de Dexia ce qui la menace". M. Vandenbroucke a souligné que cette méthode devait être trouvée en collaboration avec les partenaires français.

Le ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi Benoît Cerexhe a également jugé la situation de Dexia sérieuse. "Elle n'est pas bonne, le cours a beaucoup baissé aujourd'hui", a-t-il dit. Le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué, et le ministre bruxellois Guy Vanhengel participent également à la réunion.

Une réunion est prévue pendant la nuit avec l'ensemble des actionnaires de Dexia. Les discussions pourraient durer une bonne partie de la nuit en raison, dit-on, d'importants problèmes de liquidités du groupe franco-belge.

Auparavant, le duo composé du nouveau CEO, Pierre Mariani, et du président du conseil, Jean-Luc Dehaene, a rencontré les membres du gouvernement fédéral à qui ils ont fait un état des lieux de la situation. Ceux-ci ont eu toute la journée des contacts, notamment avec les actionnaires du groupe et les membres du comité de direction. En attendant, Dexia tente par tous les moyens de rassurer tant le personnel, que ses clients et épargnants.

Le monde politique belge souhaite, avant tout, clarifier la situation et considère que les changements intervenus le week end dernier ne donnent pas entièrement satisfaction. Si les Belges n'ont pu empêcher la nomination d'un CEO français, alors qu'ils demeurent majoritaires dans Dexia, ils sont bien résolus à faire en sorte que le financement des collectivités locales, en Belgique, ne soit pas dictée au départ de Paris.

Cela semble être une des exigences des actionnaires belges de Dexia, du holding communal évidemment, mais aussi de Arco, lequel représente en fait 800.000 actionnaires belges. C'est d'ailleurs pour apaiser l'irritation de Arco, face à la perte de dépendance, qu'Yves Leterme aurait imaginé confier la présidence du CA de Dexia à Jean-Luc Dehaene, qui conserve une étiquette de démocrate chrétien comme l'étaient à la base, les responsables de Arco. Cela dit, la nomination de Jean-Luc Dehaene laisse perplexe une partie du monde politique belge, à moins, confie un ministre, qu'il ne soit très bien entouré.

Reste à savoir quelle solution sortira au bout de la nuit. Nouvelle injection de capitaux? Scission du groupe? Scénario d'un adossement de Dexia à un autre groupe? Ou nationalisation du pôle belge, recentré sur le financement aux collectivités? Toutes ces pistes restent ouvertes…

Selon De Morgen, le gouvernement régional flamand aurait examiné la possibilité de racheter 30 % de Dexia détenues par des petits porteurs et des salariés du groupe, afin de faire perdre aux autorités françaises la minorité de blocage (25 %) qu’elles détiennent actuellement.

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