Crise : un sentiment d'impuissance

Mais que faire ? Cette question, cette interrogation résume probablement mieux que tous les discours l'état de désarroi actuel des investisseurs.

Mais que faire ? Cette question, cette interrogation résume probablement mieux que tous les discours l'état de désarroi actuel des investisseurs. Que faire en effet lorsque l'action concertée de sept des plus importantes banques centrales de la planète - dont la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed) qui de concert et simultanément ont baissé leurs taux, afin de donner de l'air aux marchés - aura eu pour seul effet en Europe de freiner un court moment la descente aux enfers des indices avant que la spirale de la peur ne reprenne rapidement le dessus.

Ce geste, pourtant fort et inédit dans son ampleur, reflète cruellement toute l'impuissance des autorités monétaires à peser sur le cours des événements et à colmater les brèches d'un système ouvertement en crise, miné par ses excès et victime de son opacité. Un train fou d'une finance de plus en plus déconnectée de l'économie réelle au gré de la sophistication de techniques et de produits financiers transformés en autant de bombes à retardement au cœur même des bilans des grandes banques de la planète.

Impuissance - en tout cas relative - des autorités monétaires, impuissance des régulateurs, impuissance d'une Europe trop divisée, trop occupée à préserver ou à sauver, selon les cas, le sort de champions nationaux au détriment d'une action coordonnée et d'un plan européen de financement pour faire face à la crise. En fait, les pompiers ne sont pas à la hauteur de l'incendie. La Belgique y perdra très gros : Fortis a été bradé au terme d'une opération de sauvetage peu transparente. Dexia, mal en point, risque de suivre le même chemin. Nos PME - moteurs de notre tissu économique - sont étranglées financièrement, à la suite de la fermeture des robinets du crédit bancaire. L'emploi, lui, va trinquer.

Ce capitalisme du "laisser faire-laisser aller" est arrivé au bout de sa logique. Aujourd'hui, nombreux sont les observateurs qui semblent découvrir - effarés ! - les risques systémiques qu'il comportait. Et qui trouvent des vertus insoupçonnées à la régulation.

Demain, il faudra reconstruire. Et passer à l'action pour construire un capitalisme responsable et durable. Utopie ?

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