Dexia : une solution au bout de la nuit ?

Malgré la récente augmentation de capital de 6,4 milliards d'euros, tous les acteurs du dossier Dexia travaillent d'arrache-pied pour sortir le groupe bancaire belgo-français de l'ornière. Mercredi soir, les principaux ministres fédéraux se sont réunis lors d'un "kern" pour évoquer le dossier.

Malgré la récente augmentation de capital de 6,4 milliards d'euros, tous les acteurs du dossier Dexia travaillent d'arrache-pied pour sortir le groupe bancaire belgo-français de l'ornière. Mercredi soir, les principaux ministres fédéraux se sont réunis lors d'un "kern" pour évoquer le dossier. Etaient également présents autour de la table : les représentants des Régions, de l'Etat français et luxembourgeois et des actionnaires belges de Dexia (Ethias, Arcofin, Holding Communal). Les discussions risquaient de durer une bonne partie de la nuit en raison, dit-on, de problèmes de liquidités du groupe franco-belge. Plusieurs pistes sont sur la table, mais la plus sérieuse est d'apporter une garantie du fédéral à la banque, mais il faudra trouver un accord avec la France.

Auparavant, le duo composé du nouveau CEO, Pierre Mariani, et du président du conseil, Jean-Luc Dehaene, avait rencontré les membres du gouvernement fédéral à qui ils ont fait un état des lieux de la situation. Ils ont eu toute la journée des contacts, notamment avec les actionnaires et les membres du comité de direction. Dexia tente par tous les moyens de rassurer le personnel, les clients et les épargnants. "La liquidité du groupe est assurée", nous a indiqué Ulrike Pommée, porte-parole de Dexia à Bruxelles. En interne, le nouveau CEO s'est adressé au personnel. "Je comprends les attentes et les interrogations de chacun. Je m'engage à prendre rapidement les initiatives nécessaires dans l'intérêt de notre entreprise et à vous informer régulièrement", leur a-t-il expliqué sur le site Intranet de la banque. "Notre groupe possède une solvabilité robuste, renforcée par la récente augmentation de capital, des réseaux de banque de détail bien implantés et performants, des activités dynamiques et une position de leader mondial dans le financement des collectivités locales".

Le monde politique belge veut clarifier la situation et considère que les changements du week-end dernier ne donnent pas entièrement satisfaction. Si les Belges n'ont pu empêcher la nomination d'un CEO français, alors qu'ils son t majoritaires dans le capital, ils sont bien résolus à faire en sorte que le financement des collectivités locales, en Belgique, ne soit pas dicté au départ de Paris. Cela semble être une des exigences des actionnaires belges de Dexia, du Holding Communal évidemment, mais aussi d'Arco, lequel représente en fait 800 000 actionnaires belges. C'est d'ailleurs pour apaiser l'irritation d'Arco, face à la perte d'indépendance, qu'Yves Leterme aurait imaginé de confier la présidence du CA à Jean-Luc Dehaene, qui conserve une étiquette de démocrate-chrétien comme l'étaient à la base les responsables d'Arco. Mais sa nomination laisse perplexe une partie du monde politique belge, à moins, confie un ministre, qu'il ne soit très bien entouré.

Reste à savoir quelle solution sortira au bout de la nuit : nouvelle injection de capitaux, scission du groupe, scénario d'un adossement de Dexia à un groupe européen (le nom de la Société Générale circule avec beaucoup d'insistance dans les salles de marché) ? Ou nationalisation du pôle belge pour préserver un contrôle stratégique sur l'activité stratégique de financement aux collectivités locales ? Ou encore un scénario à la Fortis où chaque Etat reprendrait le contrôle de ses activités nationales.

Ph. Law. et V. d. W.

Sur le même sujet