La dégringolade continue

Après le coup de force des sept principales banques centrales de la planète, sans compter les baisses de taux annoncées plus tôt par les banques centrales d'Australie et de Hong Kong, on aurait pu espérer hier un retour des acheteurs sur les marchés boursiers. La crise précipite les internautes vers les sites de conseils financiers L'Etat prend le contrôle de la première banque d'Islande Knokke: Creux de vague et morte saison Edito - Crise : un sentiment d'impuissance Les cours de Bourse en direct

La dégringolade continue
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Après le coup de force des sept principales banques centrales de la planète, (voir ci-dessous) sans compter les baisses de taux annoncées plus tôt par les banques centrales d'Australie et de Hong Kong, on aurait pu espérer hier un retour des acheteurs sur les marchés boursiers. Mais cette opération inédite dans son ampleur n'a eu qu'un effet très temporaire sur l'orientation des indicateurs boursiers. Le rebond visible en cours de journée en Europe a donc rapidement tourné en une nouvelle journée de déroute pour les places boursières du Vieux Continent. La journée avait débuté sur un krach de la Bourse de Tokyo qui a dévissé de 9,38 pc, suivie par les autres places asiatiques.

Sur Euronext Bruxelles, le Bel 20 a encore perdu 7,36 pc à 2323,95 points après avoir perdu 9 pc en matinée, un record historique.

Dexia : problème de cotation

Notre marché a été plombé par la chute des valeurs bancaires qui ont encore chuté, à l'exception de l'action Fortis dont la cotation est restée suspendue dans l'attente d'un communiqué clarifiant la situation actuelle. KBC, jusque-là épargnée, a perdu 10,68 pc à 43 euros et le titre de la société KBC Ancora qui chapeaute la banque flamande a perdu 17,58 pc à 30 euros. Dexia qui s'enfonçait dans le rouge durant la journée s'est redressée en fin de journée gagnant finalement 3,42 pc à 4,99 euros. On notera qu'en raison d'un problème de cotation, l'action Dexia a été ralentie dans son rebond à la Bourse de Bruxelles, alors qu'elle a terminé à 6 euros à Paris, soit une différence de cours de 20 pc, alors que, peu après la clôture, de nouvelles manœuvres de fond commençaient à propos du devenir du groupe financier franco-belge.

A Amsterdam, l'action ING a perdu 15,28 pc à 13,02 euros. A Francfort, l'indice vedette Dax a terminé mercredi en très forte baisse de 5,88 pc à 5 013,62 points. L'action Deustche Bank a perdu 10,65 pc à 38,93 euros. A Londres, l'indice vedette Footsie-100 a perdu 5,18 pc à 4 366,69 points, rechutant malgré l'annonce d'un plan de sauvetage des banques britanniques.

La Bourse de Paris a de nouveau terminé en très forte baisse mercredi, l'indice CAC 40 perdant 6,31 pc à 3 496,89 points. Et cette fois, alors qu'elle avait résisté la veille, BNP Paribas qui contrôle maintenant le groupe de bancassurance Fortis, a perdu 7,3 pc à 63,43 euros et la Société générale 5,34 pc. Enfin, la Bourse de Milan a terminé mercredi sur une forte baisse, l'indice vedette SP/Mib lâchant 5,71 pc à 22 274 points, et la première banque italienne UniCredit a continué de s'effondrer.

Crise grave et mondiale

On le voit, l'opération coup de poing des banques centrales a donc laissé les opérateurs perplexes. Cette mesure montre l'ampleur de la crise actuelle, et son extension à l'échelle mondiale. "Cette fois, plus personne n'évoque le risque d'une récession, on sait qu'elle est inéluctable, et qu'elle sera probablement forte", nous explique un gestionnaire. Evidemment, l'avantage de cette situation est qu'actuellement, les banquiers centraux n'ont plus à se préoccuper des risques d'inflation, et que la réduction des taux annoncée hier est d'autant plus facile à justifier. En Bourse, les bancaires n'ont plus été les principales victimes de la défiance des opérateurs. Les gestionnaires ont commencé à solder aussi les positions liées aux secteurs les plus sensibles à une dégradation de la conjoncture, comme la sidérurgie, l'automobile ou l'immobilier. Au total, les marchés ont accusé en trois jours leur plus fort recul depuis le krach d'octobre 1987.

P.V.C. (avec Belga)

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