Fiasco à la Fortis évité pour Dexia

Le nouveau plan de sauvetage de Dexia annoncé jeudi matin à l'aube est a priori une bonne nouvelle. C'est du moins l'avis du marché : l'action a gagné 16 pc. En apportant une garantie de financement au groupe franco-belge, les Etats belge, français et luxembourgeois ont évité un scénario à la Fortis, c'est-à-dire la vente à un groupe étranger à un vil prix.

Le nouveau plan de sauvetage de Dexia annoncé jeudi matin à l'aube est a priori une bonne nouvelle. C'est du moins l'avis du marché : l'action a gagné 16 pc. En apportant une garantie de financement au groupe franco-belge, les Etats belge, français et luxembourgeois ont évité un scénario à la Fortis, c'est-à-dire la vente à un groupe étranger à un vil prix.

On pourrait évidemment se demander pourquoi une telle solution n'a pas été trouvée pour Fortis. Faut-il y voir l'effet Dehaene qui, en tant que nouveau président du conseil d'administration, a montré ses talents de négociateur jusqu'au bout de la nuit ? Peut-être... Mais il y a eu d'autres éléments qui ont joué. Par son actionnariat (le Holding communal, Ethias et Arcofin, un groupe lié aux mutualités chrétiennes), Dexia est très proche des milieux politiques. Les dividendes versés chaque année apportent une source de revenu importante aux communes belges. Pas question donc de le laisser dévorer par un prédateur.

A côté de cela, il y a eu la volonté de l'Etat belge, avec le soutien des Français et des Luxembourgeois, de maintenir à flot le système bancaire belge.

Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls à être au chevet de leur industrie bancaire. La Grande-Bretagne a sorti les grands moyens. Des plus petits Etats comme l'Islande, la Grèce ou l'Irlande se sont aussi lancés dans des quasi-nationalisations mais, eux, sans en avoir les moyens. Pas de quoi rassurer ni faire remonter les marchés...

Tout ceci est d'autant plus inquiétant que ces quasi-nationalisations conjuguées aux interventions des banques centrales ne parviennent pas à ramener la confiance dans un monde financier totalement déboussolé.

Et ce monde financier, en crise depuis l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis, a basculé dans la panique totale après le dépôt de bilan de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers mi-septembre. Ce jour-là, un tabou est tombé : une grande banque était par terre, fragilisant du même coup toutes les autres.

Tout le monde attend donc l'initiative géniale qui pourra stopper l'incendie qui ravage la planète finance et qui risque d'asphyxier l'économie réelle. Tous les yeux sont rivés vers le Fonds monétaire international qui tient ce week-end ses réunions de printemps. Espérons...

© La Libre Belgique 2008

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