La brique s'essouffle

La construction sera l'une des premières victimes de la crise financière, répètent en chœur les experts. Et qu'en pense précisément le secteur ?

P.Lo

La construction sera l'une des premières victimes de la crise financière, répètent en chœur les experts. Et qu'en pense précisément le secteur ? "Si tout semble prouver que la construction est arrivée à la fin de son cycle de croissance, celle-ci ne se trouve cependant pas dans une situation critique", a affirmé jeudi Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

Appel aux pouvoirs publics

"Après quatre années en haut du cycle, ce recul était prévisible", a-t-il observé, tout en assurant que la situation du marché belge "n'est en rien comparable à ce qui se passe aux Etats-Unis". "Les banques belges ont été extrêmement prudentes dans l'octroi de crédits", a-t-il précisé, tout en lançant un appel aux pouvoirs publics afin que ceux-ci assortissent le crédit hypothécaire à la mise sur pied d'une assurance "perte de revenus". "Il est essentiel, dans les temps incertains que nous connaissons, de rassurer les futurs emprunteurs, ce qui soutiendra l'activité de la construction", a-t-il affirmé.

"Le marché n'est pas confronté à une surcapacité et les prix, en Belgique, restent modérés quoi qu'en pensent les consommateurs. Il n'y a pas lieu de craindre un important recul de l'activité en l'absence de réaction irrationnelle des donneurs d'ordre", a conclu sur ce point le dirigeant.

Le secteur s'attend néanmoins à une baisse de l'emploi salarié. En chiffres, le nombre annuel des autorisations de bâtir délivrées a progressé, passant de 53 000 logements en décembre 2007 à 54 000 en mai dernier. "Globalement, les chiffres disponibles n'indiquent aucune tendance négative, quels que soient les régions ou le type de logements concernés", a dit M. de Mûelenaere.

Parallèlement, le secteur du non-résidentiel neuf a vu son volume de bâtiments autorisés reculer de 7,5 pc au cours des cinq premiers mois de 2008, alors que le nombre de bâtiments autorisés, lui, a augmenté de 5 pc.

La baisse des volumes concerne surtout les bâtiments industriels (-25 pc), ce qui affecte particulièrement la Flandre où ils sont surtout présents, a souligné l'administrateur délégué. Ce dernier est, par ailleurs, revenu sur les activités de rénovation qui "ont joué leur rôle habituel de stabilisateur". "Le principe des "vases communicants", qui veut que la rénovation reprenne lorsque la demande de bâtiments neufs faiblit et inversement, semble une fois encore s'être imposé", a-t-il indiqué.