Le G7 centre de l'attention pour une plus forte unité

Les grands argentiers du Groupe des Sept pays les plus industrialisés (G7), incapables jusqu'ici de s'entendre sur une solution commune pour aider leurs banques, se retrouvent vendredi à Washington avec pour mission de présenter un front commun face à la crise financière.

Belga

Les grands argentiers du Groupe des Sept pays les plus industrialisés (G7), incapables jusqu'ici de s'entendre sur une solution commune pour aider leurs banques, se retrouvent vendredi à Washington avec pour mission de présenter un front commun face à la crise financière. Mais les premières déclarations des ministres du G7 semblaient davantage donner la priorité à la définition de principes d'action communs, alors que les Bourses mondiales connaissaient une nouvelle journée noire.

Le G7 réunit l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Japon, soit les principales puissances économiques et financières de la planète. "Ce qui me paraît très important, c'est à la fois une démonstration d'unité et des propositions coordonnées", a souligné la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.

Elle a toutefois tempéré les attentes en précisant que "chacun de nos marchés est différent en termes de taille, de réglementation, en termes d'acteurs, donc il ne faut pas imaginer qu'on aura une réponse harmonisée qui sera la même pour tout le monde". "On ne peut pas appliquer la même méthode à des situations de marché différentes. Ce qui me paraît très important, c'est qu'on se mette d'accord sur des principes communs", a ajouté Mme Lagarde.

Le président américain George W. Bush a pour sa part appelé à rejeter l'"incertitude et la peur". Les inquiétudes sont compréhensibles mais "l'anxiété peut alimenter l'anxiété et occulter les efforts qui sont entrepris", a-t-il averti, en assurant toutefois que "nous pouvons résoudre la crise et nous le ferons". La réunion du G7 était prévue de longue date dans le cadre des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale dans la capitale américaine mais a pris une importance grandissante avec l'aggravation de la crise financière. Elle devait commencer à 18h00 GMT (14h00 locales, 20h00 heure belge) et s'achever avec la publication d'un communiqué vers 23h00 GMT (01h00 heure belge samedi).

La priorité est d'"arrêter de prendre des solutions au cas par cas", a affirmé le ministre allemand, Peer Steinbrück, pour qui "nous avons besoin de règles mondiales pour les marchés". Si les Etats-Unis ont adopté le plan Paulson qui prévoit d'accorder jusqu'à 700 milliards de dollars pour racheter les actifs dépréciés des banques et leur permettre d'assainir leur bilan, les Européens n'ont pour l'instant pris aucune disposition commune de ce genre, privilégiant les plans de soutien nationaux.

Pour le ministre britannique, Alistair Darling, la situation s'améliorera "quand les gens réaliseront que l'ensemble des crédits interbancaires, qui atteignent un montant astronomique, est soutenu par les banques centrales et les gouvernements dans le monde entier". Interrogé sur la radio américaine NPR, il a souligné que "dans un cas comme celui-ci, on peut constater que les marchés mondiaux ne peuvent résoudre le problème par eux-mêmes et que les gouvernements doivent être prêts à intervenir pour le compte de ceux qui les ont élus". L'un des objectifs de la réunion du G7 sera également d'engager la réflexion sur la refondation du système financier mondial après sa pire crise depuis celle de 1929.

"Cette crise est un échec de la supervision, un échec de la régulation, un échec de la croyance que le marché peut se régler tout seul", a ainsi déclaré jeudi le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

M. Steinbrück s'est prononcé en faveur de la mise en place d'une instance internationale de contrôle des marchés dotée "d'un pouvoir d'intervention". Cette tâche pourrait être dévolue, selon lui, au Fonds monétaire international, qui devra, pour ce faire, être considérablement restructuré.

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