De Tokyo à New York, ça craque

Baisses de taux d'intérêt, injections massives et continues de liquidités par les banques centrales, garanties bancaires en tous genres octroyées par les gouvernements, appels au calme des plus hauts responsables de la "planète finance", ... Nada !

P.-F.L.

Baisses de taux d'intérêt, injections massives et continues de liquidités par les banques centrales, garanties bancaires en tous genres octroyées par les gouvernements, appels au calme des plus hauts responsables de la "planète finance", ... Nada ! Si l'on en juge par l'orientation des indices boursiers du monde entier, ces faits et gestes n'ont eu aucun impact sur les marchés d'actions. A désespérer.

Vendredi noir, donc, de l'Asie au continent américain. Une couleur qui aura en fait collé à l'ensemble de cette semaine historique. Après ceux de 1929 et de 1987, voici venu le krach de 2008. Si on s'en tient à la seule fin de cette semaine, tout a déraillé comme de coutume à partir de Wall Street, jeudi soir. L'indice Dow Jones, en clôture, s'inscrivait en chute libre de 7,33 pc (la septième séance de baisse consécutive !).

Dès l'aube, vendredi, les bourses asiatiques encaissaient le boomerang américain. Un cauchemar généralisé : -9,62 pc à Tokyo (du jamais vu), -7,2 pc à Hong Kong, -8,3 pc à Sydney et Manille, -7,34 pc à Singapour, -9,61 pc à Bangkok. L'Europe prenait ensuite le relais. Avec un verdict identique : toutes les grandes places ont terminé dans le rouge avec des plongeons souvent impressionnants : - 9,14 pc à Madrid, -8,85 pc à Londres - plus forte baisse journalière du Footsie depuis le krach de 1987 -, -7,79 pc en Suisse, -7,37 pc à Milan, -8,48 pc à Amsterdam, etc. A Bruxelles, le Bel 20 a terminé cette semaine noire avec une chute de 5,24 pc. Seule valeur à se distinguer : l'action Dexia, qui a terminé la séance sur une hausse de 3,44 pc. La banque KBC, de son côté, a encore plongé de 15,17 pc. La panique a été telle que des rumeurs de fermeture pure et simple des Bourses, le temps de ramener le calme, ont circulé...

La Bourse de New York, enfin, aura joué avec les nerfs des investisseurs en signant une séance d'une extrême volatilité. Au cours de la première heure d'échanges, le Dow Jones perdait à nouveau jusqu'à plus de 7 pc, chutant sous les 8 000 points. Wall Street se reprenait finalement en toute fin de séance, se hissant même brièvement dans le vert à une demi-heure de la cloche, les opérateurs voulant semble-t-il croire à une action coordonnée des grands argentiers du G7 pour enrayer la crise financière (lire ci-dessus). En clôture, le Dow Jones ne cédait "que" 1,49 pc à 8 451,19 points, tandis que le Standard&Poor's 500, référence des gérants de fonds, reculait de 0,99 pc. Mais sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones et le S&P ont chuté de quelque 18 pc.

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