Krach boursier: "Je n'ai jamais vu ça"

Au quatrième étage de l'édifice d'ING, au square de Marnix, la salle des marchés est, comme toutes ses semblables aux quatre coins du monde, aux premières loges pour observer la tempête qui ravage les places boursières depuis plusieurs jours.

grégoire comhaire

Au quatrième étage de l'édifice d'ING, au square de Marnix, la salle des marchés est, comme toutes ses semblables aux quatre coins du monde, aux premières loges pour observer la tempête qui ravage les places boursières depuis plusieurs jours.

Les 180 jeunes "traders" d'ING ont le regard rivé sur leurs écrans d'ordinateur, qui n'affichent aujourd'hui inlassablement que courbes plongeantes et petits triangles rouges pointant vers le bas.

Comme aux Etats-Unis, la tradition du vendredi est celle du "casual friday", qui autorise les employés à laisser la cravate dans la garde-robe pour venir jongler avec les centaines de millions d'euros du groupe en jeans.

Mais l'ambiance n'en est pas moins sérieuse pour autant, même si elle n'a rien des images d'atmosphère survoltée auxquelles nous a habitués le cinéma.

En liaison téléphonique constante avec les salles de marchés d'ING de Londres et d'Amsterdam, ces experts de la haute-finance ont la lourde responsabilité de gérer les produits financiers conçus sur mesure pour les clients du groupe. Une tâche délicate vu le contexte actuel, même si tout le monde ici semble toujours garder son sang-froid.

Incertitude

Au-dessus des têtes, suspendus au plafond, les écrans de télévision branchés sur Bloomberg News égrènent un flot continu de mauvaises nouvelles en provenance d'Outre-Atlantique. "En trente-six ans de banque, je n'ai jamais vu ça !", explique l'un des accompagnateurs qui encadrent strictement notre visite dans ce lieu hautement sensible de l'entreprise.

Il faut dire que si les traders parviennent à rester zen dans le climat actuel, le service communication de la banque se montre, lui, assez nerveux, comme le sont les marchés, et particulièrement soucieux que les lecteurs n'aient pas l'impression que la situation leur échappe. "Il y a eu un krach en 1987, mais les marchés ont fini par reprendre. Il y a eu le 11-Septembre, bien sûr, mais le monde de la finance s'est serré les coudes. Ici, ce qui est extraordinaire, c'est l'incertitude", explique-t-on.

Une incertitude qui crée cette tension sur les marchés qui n'affole pas les vieux renards de la finance autant que les particuliers qui, depuis quelques jours, se laissent trop souvent guider par la peur. "Or la peur est souvent mauvaise conseillère", poursuit notre accompagnateur. Rien ne sert donc de s'affoler.

Trophées

Derrière les "traders" et les centaines d'écrans connectés à tous les hauts lieux de la planète, on aligne les trophées aux effigies d'Etats ou de grandes sociétés anonymes.

Souvenir d'un passé glorieux et des lancements d'opérations obligataires menées sous l'égide des équipes d'ING ou, à l'époque, de la BBL. "Notre maison est ancienne et heureusement beaucoup plus solide que d'autres dans le Benelux. Ça nous permet d'éviter le genre de situation qu'ont pu connaître certains concurrents."

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