L'industrie elle aussi touchée

Chaque jour ou presque apporte son lot de mauvaises nouvelles et donne l'ampleur réelle de cette crise, au départ strictement bancaire et boursière mais dont l'effet de contagion affecte désormais l'ensemble des secteurs économiques de la planète.

V.S.

Chaque jour ou presque apporte son lot de mauvaises nouvelles et donne l'ampleur réelle de cette crise, au départ strictement bancaire et boursière mais dont l'effet de contagion affecte désormais l'ensemble des secteurs économiques de la planète.

Depuis une semaine en effet, plus aucune activité n'est vraiment à l'abri de la débâcle des marchés. Et l'industrie trinque à son tour. Même les valeurs plutôt défensives ou refuges sont entraînées dans ce tourbillon de baisse généralisée. La crainte des investisseurs est en effet que la crise de confiance actuelle autour de la solidité du système bancaire international et la paralysie du marché interbancaire ne débouchent irrémédiablement sur un ralentissement brutal et durable de l'économie mondiale - les dernières prévisions du FMI ne sont guère encourageantes sur ce point - avec comme conséquence directe une baisse de la consommation, une sinistralité accrue du côté des entreprises et une augmentation sensible du chômage. Aux Etats-Unis, la consommation a ainsi reculé au troisième trimestre. Une première depuis dix-sept ans ! En Europe, les indicateurs de confiance des consommateurs plongent également dans le rouge.

Quels seront les secteurs industriels les plus touchés par la crise actuelle ? Les analystes pointent du doigt la construction mais également le secteur automobile. L'infographie ci-contre le démontre : le ralentissement des immatriculations est une réalité en Europe depuis mai dernier et le phénomène risque bien de s'accentuer, poussant les multinationales de l'automobile à rationaliser un outil dans un contexte de ralentissement de la demande. En clair, si la crise persiste, la question de la fermeture de certains sites de production pourrait se poser rapidement. Opel, Ford et BMW ont déjà annoncé des réductions de production en Allemagne et la fermeture temporaire de certains sites. Fiat a pris, lui aussi, de nouvelles mesures de chômage technique en Italie. Chez Opel Anvers, l'équipe de nuit sera "suspendue" à partir du début 2009.

Aux Etats-Unis, les actions de GM et de Ford sont massacrées. Le spectre d'une crise de liquidités plane. La peur gagne l'économie réelle...

Sur le même sujet