Deminor et Test-Achats veulent plus de clarté

L'association d'actionnaires Deminor et l'association de consommateurs Test-Achats ont accueilli avec une certaine tiédeur l'annonce de la mise en place par l'Etat belge d'un fonds destiné à faire participer les petits actionnaires de Fortis aux éventuels bénéfices tirés de la participation de l'Etat au capital de BNP Paribas.

Belga

"Cela montre que le gouvernement est sensible à l'intérêt des actionnaires mais cela risque d'être considéré par beaucoup d'actionnaires comme insuffisant", a indiqué dimanche Erik Bomans, de l'association Deminor, contacté par l'Agence Belga.

Deminor se montre également critique par rapport à la manière dont Fortis a été cédée par le gouvernement à la banque française BNP Paribas. "Il aurait été plus logique que les actions de BNP Paribas se retrouvent dans le patrimoine de Fortis et donc reviennent à ses actionnaires", estime M. Bomans. "On veut redistribuer la plus-value aux actionnaires mais on ne respecte pas du tout la répartition du capital de Fortis", ajoute-t-il.

Son de cloche semblable chez Test-Achats, où l'on s'interroge par rapport à "l'exclusion des investisseurs institutionnels et des gros investisseurs". L'association de défense des droits des consommateurs pointe également du doigt de nombreuses zones d'ombre. "Pour le moment, il y a davantage de questions que de réponses", résumait dimanche soir le porte-parole de l'association, Jean-Philippe Ducart.

Face aux nombreuses inconnues qui subsistent à ses yeux dans la cadre de la reprise de Fortis par BNP Paribas, Deminor envisage la possibilité d'intenter une action en référé. Cette action, qui ne serait lancée que si Deminor parvient à rallier à sa cause une part suffisamment représentative d'actionnaires de Fortis -soit au minimum 1% du capital-, aurait pour objectif "de faire désigner un expert" afin d'obtenir davantage d'informations sur la transaction, a encore expliqué M. Bomans. Du côté de Test-Achats, on indique que 4.000 petits actionnaires de Fortis se sont signalés auprès de l'association depuis juin dernier. Des petits actionnaires qui "demandent des comptes et posent beaucoup de questions", dit-on au sein de l'association.

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