KBC à son tour dans la tourmente

Nouvelle mauvaise surprise mercredi pour le marché boursier belge et, particulièrement, pour une des ses valeurs bancaires. KBC a en effet décidé de publier anticipativement ses résultats du troisième trimestre. Et les nouvelles ne sont pas bonnes : la banque flamande n'est plus aussi florissante puisqu'elle affiche une perte d'environ 900 millions d'euros consécutive à de lourdes provisions.Kaupthing : issue en vue ?Réagissez sur notre forum Vers notre dossier spécial

KBC à son tour dans la tourmente
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AvC

Nouvelle mauvaise surprise mercredi pour le marché boursier belge et, particulièrement, pour une des ses valeurs bancaires. KBC a en effet décidé de publier anticipativement ses résultats du troisième trimestre. Et les nouvelles ne sont pas bonnes : la banque flamande n'est plus aussi florissante puisqu'elle affiche une perte d'environ 900 millions d'euros consécutive à de lourdes provisions.

La réaction en Bourse ne s'est pas fait attendre : l'action a perdu 21,3 pc pour terminer à 37 euros. "C'est un nouveau coup dur pour la crédibilité des banquiers", commentait hier un analyste. Faut-il rappeler que le titre Fortis se traite à 1,20 euro et Dexia à 5 euros ?

Lors de la conférence de presse convoquée d'urgence le matin même, le CEO André Bergen a expliqué les raisons de cette précipitation. Il a invoqué la dégradation la veille par l'agence Moody's des notations de solvabilité de cinq produits de crédits structurés appelés "CDO" (Collateralized Debt Obligations) dans lesquels KBC a investi. "Afin d'éviter toute spéculation sur les résultats futurs ", la banque a décidé "d'appliquer elle-même, de façon proactive, ces méthodes plus rigoureuses à l'ensemble de son portefeuille". Du coup, les amortissements au troisième trimestre s'élèvent à 1,6 milliard et font plonger les résultats dans le rouge à un niveau proche de 900 millions d'euros (entre 880 et 930 millions). Les chiffres définitifs seront publiés le 6 novembre.

Pour le reste, André Bergen a cherché à envoyer un message rassurant. Le groupe affiche de "bonnes performances, y compris en Europe centrale", a-t-il insisté. Le bénéfice "sous-jacent" (c'est-à-dire en dehors des éléments exceptionnels) s'élève à 500 millions d'euros. "Je crois que c'est un bon chiffre", a précisé le banquier.

Il a aussi insisté sur la solvabilité du groupe qui reste "très forte" même après les provisions annoncées hier.

Autre message rassurant : la liquidité est largement suffisante. Contrairement à d'autres banques (comme c'était le cas pour Fortis avant le rachat d'abord par l'Etat néerlandais, ensuite par BNP Paribas, ou encore Dexia), la KBC se targue d'avoir des dépôts qui excèdent largement les crédits. Le montant net emprunté sur le marché interbancaire (10 milliards, soit 3 pc du bilan) est "très modéré en comparaison des concurrents".

Quid du dividende ?

"Nous ne devons absolument pas faire d'augmentation de capital", a encore souligné hier André Bergen. Et quid du paiement d'un dividende ? La réponse a été prudente : "La question sur le dividende est du ressort du conseil d'administration. Elle sera examinée en temps voulu. Mais c'est un élément auquel nous attacherons beaucoup d'importance", a-t-il dit.

Au cours des cinq derniers trimestres, le portefeuille de CDO (9 milliards) de KBC a déjà nécessité des provisions de 2,6 milliards. Mais il ne s'agit pas encore de pertes avérées puisqu'il n'y a pas d'arriérés de paiement d'intérêt sur les CDO, insiste-t-on à la KBC. D'où la réflexion d'André Bergen sur les normes comptables IFRS qui entraînent des variations de prix "exagérées" des CDO dans les comptes. Une réflexion qu'il n'est pas le seul à faire et qui pourrait pousser la Commission européenne à faire des propositions d'ici la fin du mois.

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