Epic Games, le studio bicéphale

Epic Games figure parmi cette poignée de studios de développement à avoir autant investi dans la création pure que dans le développement de techniques permettant de magnifier la réalisation vidéoludique. Vers notre dossier spécial

Epic Games, le studio bicéphale
©D.R.
Michi-Hiro Tamaï

Epic Games figure parmi cette poignée de studios de développement à avoir autant investi dans la création pure que dans le développement de techniques permettant de magnifier la réalisation vidéoludique. Un do it yourself aussi marquant pour les jeux vidéo que George Lucas et son Industrial Light&Magic (studio d'effets spéciaux créé pour La Guerre des Etoiles), le fut pour le cinéma. Gears of Wars 2, deuxième superproduction d'Epic sur Xbox 360, attire donc tous les regards. D'autant que ce jeu d'action futuriste et spectaculaire (prévu ce 7 novembre) se parera de nouveautés. Pas révolutionnaires, mais très attendues par les 5 millions de joueurs ayant adopté le premier épisode.

A peine une dizaine de productions, dont seulement deux titres marquants à travers près de deux décennies d'existence : le palmarès d'Epic Games fait pâle figure face à d'autres poids lourds du secteur. Mais le développeur a aussi beaucoup œuvré pour l'amélioration technique des jeux vidéo. Tout comme Valve (Half Life), entre autre responsable de la viabilité commerciale du jeu vidéo indépendant, grâce à Steam, sorte d'iTunes sauce vidéoludique. Une histoire qui se répète, vu qu'au début des années 90, Epic Games (comme ID Software et son séminal Doom) répandait ses jeux en version Shareware. Un mode distribution alternatif, en direct du créateur au joueur, qui utilisait souvent les CD Rom (ou disquettes) inclus dans des magazines comme vecteur de distribution.

Le plus gros "coup" d'Epic Games fut néanmoins le développement de l'Unreal 3D Engine. Un "moteur 3D" permettant d'afficher des objets tridimensionnels de façon fluide et détaillée. Tellement efficace, que la société en a fait son fonds de commerce revendant à d'autres studios concurrents les multiples évolutions de ce procédé technique avec comme résultats des perles comme Deus Ex, Medal of Honor ou plus récemment Mass Effect et BioShock.

Aussi incontournable que Valve et son Counter Strike dans la popularisation des sports électroniques, Epic Games véhicule une image très testostéronée et écervelée du jeu vidéo. A mille lieues des récentes prouesses de l'indie gaming avec Braid ou The Last Guy. De quoi peut être lasser Cliff Bleszinski, lead designer de longue date du studio. "J'aime aussi les jeux familiaux et je ne me fais pas une fixation sur des titres de guerre. En outre, j'apprécie le travail de Miyamaoto, le père de Mario pour son univers, mais aussi son feeling et la manière dont ses jeux sont policés.". Pas question en tout cas pour l'auteur de retourner vers le jeu vidéo indépendant naïf (Jazz Jack Rabbit) de ses débuts. "Je n'ai pas envie de rentrer chez ma mère, je préfère travailler au jour le jour avec une équipe et des moyens, dans de vastes projets.".

Se résumant à un sauvetage in extremis de l'humanité, menacée (à nouveau !) par des extraterrestres, Gears Of Wars 2 déploierait, selon son créateur, une narration plus intense et complexe que son prédécesseur. Et de fait, Joshua Ortega (ex-chroniqueur rock et romancier chez Marvel Comics, DC Comics, et Dark Horse), appelé en renfort a changé les habitudes de l'équipe, la poussant à modérer ses ardeurs en matière de grand spectacle pétaradant. Textures des cuirasses des soldats, profondeur de champ en milieu urbain et animation de monstres géants : Gears Of Wars 2 n'en demeure pas moins démesuré, violent et hallucinant visuellement.

Une esthétique complètement retravaillée mais une mécanique inchangée : la vue de l'action à la troisième personne et les combats alien dantesques (au fusil ou à l'arme blanche) saupoudré de tactique stratégique, en mode deux joueurs coopératifs, restent à l'ordre du jour. On citera toutefois l'arrivée de phases de jeu nerveuses et singulières très bien mises en scène. A l'image d'une plate-forme mobile géante à défendre, de la possibilité de se mettre à couvert derrière un gros vers (un décor mobile avançant vers l'ennemi) ou du choix individuel du niveau de difficulté en mode coopératif. Enfin, en multi joueurs, un nouveau mode "Horde" amènera les protagonistes à repousser une cinquantaine de vagues d'ennemis de plus en plus coriaces. Fort-Alamo... version Star Wars !

Gears Of Wars 2/Xbox 360/Ed. - Dev. : Microsoft - Epic Games/Sortie : 7 novembre