Fortis : retraite dorée pour Mittler

Quatre millions d'euros. C'est la somme qu'a reçue Gilbert Mittler, l'ancien directeur financier de Fortis, au moment de la réorganisation de la direction du groupe, l'été dernier. Après la réaction indignée du Premier ministre, Fortis a annoncé la rupture de l'actuel contrat de Mittler. Deminor veut joindre son action à celle de Me Modrikamen ING: départ du directeur financier Les holdings belges discutent de Fortis Edito: Aller plus loin que l'indignation Vers notre dossier spécial Réagissez sur notre forum

Fortis : retraite dorée pour Mittler
©LLB
Ph.G.

Quatre millions d'euros. C'est la somme qu'a reçue Gilbert Mittler, l'ancien directeur financier de Fortis, au moment de la réorganisation de la direction du groupe, l'été dernier. Après la réaction indignée du Premier ministre, Fortis a annoncé la rupture de l'actuel contrat de Mittler.

Les quotidiens "De Standaard" et "Het Nieuwsblad" l'ont révélé mercredi : le 1er août 2008, quand Mittler est devenu "conseiller spécial" de l'administrateur-délégué (Herman Verwilst, à l'époque), Fortis avait mis fin à son contrat précédent. Mittler était jusqu'alors le directeur financier du groupe. On ignore la teneur de la convention qui liait les parties. Mais l'ancienneté de Mittler explique peut-être le montant que Fortis devait lui verser comme indemnité de rupture de contrat.

C'est que, chez Fortis, Gilbert Mittler est un vieux de la vieille : il y travaillait depuis plus de vingt ans, d'abord aux AG, puis à la CGER et enfin chez Fortis. Il est entré au comité de direction il y a dix ans. L'été dernier, Fortis s'est montré très discret sur le sort de Mittler, omettant volontairement de mentionner la rupture de son contrat et s'abstenant de toute précision sur la nature de sa nouvelle collaboration avec le groupe en tant que conseiller spécial de Verwilst. Il est vrai que, lors du départ de Jean-Paul Votron, le 11 juillet, les critiques s'étaient abattues sur le groupe à propos du parachute doré de 1,35 million d'euros de l'ancien patron. Fortis a-t-il voulu éviter une autre tempête médiatique au pire moment ?

Toujours est-il que, mercredi, à l'annonce de l'octroi de quatre millions d'euros à Gilbert Mittler, les critiques n'ont pas manqué. Le Premier ministre a exprimé, au nom du gouvernement, son indignation. Yves Leterme a demandé à Fortis, dont l'Etat belge est toujours actionnaire en attendant la finalisation de la transaction avec BNP Paribas en janvier, de tout mettre en œuvre pour s'opposer à l'exécution du contrat. "Il est franchement choquant, scandaleux et inacceptable de voir des dirigeants d'institutions financières qui semblent avoir perdu toute conscience éthique" , a indiqué le chef du gouvernement. Il a aussi rappelé sa volonté de légiférer sur les parachutes dorés. Le ministre de l'Entreprise, Vincent Van Quickenborne, a lui déclaré aux caméras de Canal Z vouloir limiter les indemnités de départ des dirigeants d'entreprises à 18 mois de salaire. D'autres réactions ont suivi, comme celle du député SP.A Bruno Tuybens qui s'est demandé pourquoi on avait attribué une prime de départ à Mittler alors qu'il avait continué à travailler pour Fortis, fût-ce comme consultant externe. Tant et si bien qu'en début d'après-midi, Fortis a annoncé mettre un terme au contrat de conseiller de Mittler. La mesure sera effective ce vendredi.

Sur le même sujet