Amortir le choc. D’urgence!

Mais où cela s’arrêtera-t-il? Où? Voilà bien la question qui obnubile désormais l’ensemble des acteurs de la planète finance au terme d’un nouveau vendredi noir, où les indices boursiers ont une nouvelle fois bu la tasse.

Par Vincent Slits

Mais où cela s’arrêtera-t-il? Où? Voilà bien la question qui obnubile désormais l’ensemble des acteurs de la planète finance au terme d’un nouveau vendredi noir, où les indices boursiers ont une nouvelle fois bu la tasse.

Impossible évidemment de répondre à cette question, à ce doute qui ronge la confiance des consommateurs, mine le moral des chefs d’entreprise et fait paniquer les investisseurs. Mais le doute n’est plus de mise: la crise bancaire et financière, certes dévastatrice pour les actionnaires mais en fin de compte dans un premier temps quelque peu virtuelle pour le citoyen lambda, touche désormais chacun d’entre nous. Directement. Telle une maladie qui produit ses premiers stigmates sur le corps du patient, on a assisté ces derniers jours aux premières concrétisations des effets négatifs de ce qui sera une récession probablement de longue durée. Restructurations, plans sociaux, investissements reportés, L’économie réelle, comme disent les spécialistes, est touchée. La sidérurgie et l’automobile sont aux premières loges, chez nous comme ailleurs. Et d’autres pans entiers de l’économie suivront. Dans un tel contexte, la tentation des multinationales est évidemment grande d’anticiper la baisse de la demande en jouant sur l’emploi, éternelle variable d’ajustement. Les PME, elles, se retrouvent étranglées alors que le crédit devient une denrée rare sur les marchés financiers.

Dans ce climat de peur, il convient de garder la tête froide. En Europe, après avoir joué au petit jeu du "chacun pour soi", les Etats ont visiblement pris la mesure de cette crise en prenant des mesures structurelles pour sauvegarder le système financier international. Les Etats-Unis, certes toujours un peu en retrait, et l’Asie ont également compris que cette crise sans précédent nécessitait une mobilisation générale et des réponses mondiales. Mais ne soyons pas naïfs, en dépit de la gravité des événements, la révision du système financier international n’est pas pour demain. En attendant, la priorité absolue est de tenter d’amortir autant que possible ce choc de la récession. D’urgence. A chacun de prendre ses responsabilités pour tenter d’y parvenir: pouvoirs publics, chefs d’entreprises, banquiers ou syndicats. Une union sacrée doit prévaloir. Car personne n’a intérêt à ce que le scénario du pire ne devienne réalité.

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