KBC: l’Etat à la rescousse?

Si vendredi fut une nouvelle journée noire pour les Bourses mondiales, elle le fut encore plus pour KBC. Elle avait même particulièrement mal commencé pour la banque flamande, avec un cours boursier qui reculait de près de 30 pc, portant le recul à plus de 60 pc depuis un mois.Edito: Amortir le choc. D’urgence! Deux chocs font vaciller les bourses Sombre fin de semaine sur les marchés financiers

KBC: l’Etat à la rescousse?
©BELGA
Ariane van Caloen

Si vendredi fut une nouvelle journée noire pour les Bourses mondiales, elle le fut encore plus pour KBC. Elle avait même particulièrement mal commencé pour la banque flamande, avec un cours boursier qui reculait de près de 30 pc, portant le recul à plus de 60 pc depuis un mois.

La cause de cette nouvelle déroute: des rumeurs d’augmentation de capital en raison de craintes de dépréciations supplémentaires sur le portefeuille de produits à risque et sur d’éventuelles difficultés dans les pays de l’Europe de l’Est, où la KBC est très implantée. La Hongrie est particulièrement touchée par la crise.

Selon certaines sources, la KBC aurait même envisagé de faire appel à l’Etat belge pour une levée de fonds de 3 milliards. Par ce genre d’opération, les institutions financières cherchent en premier lieu à restaurer la confiance des marchés.

Dépôts en hausse

Du côté de la banque flamande, on a tenté de calmer les esprits avec la sortie d’un communiqué envoyé dans les rédactions à 13 h 30.

Comme c’est devenu habituel dans les banques, le communiqué se veut à la fois rassurant tout en laissant planer une certaine incertitude. La KBC y réaffirme que la situation, tant au niveau de la solvabilité que de la liquidité du groupe, est solide. Elle enregistre même une forte hausse des dépôts, dit-elle.

Mais, quelques lignes plus tard, KBC n’exclut pas d’avoir recours à la garantie de l’Etat sur les dépôts. Elle souligne par la même occasion qu’ "elle est l’un des rares établissements financiers en Europe - et la seule grande banque belge - à ne pas avoir encore fait appel" à ce genre de système.

Pourquoi alors quand même demander cette garantie si la situation est saine? "Cela pourrait être utile dans le cas où un investisseur institutionnel préférerait choisir une banque avec garantie", explique Viviane Huybrechts, porte-parole du groupe.

Et cela signifie-t-il qu’il n’est pas question d’augmentation de capital? "Ce n’est pas à l’ordre du jour", précise-t-elle. Le communiqué laisse en tout cas la porte ouverte. "KBC suit bien sûr de très près les variations des marchés en ce qui concerne les exigences de capital, notamment à la lumière des récents mouvements qui se sont manifestés dans les pays voisins", précise-t-il.

Marchés rassurés?

Selon certaines sources, il ne faut certainement pas exclure cette piste qui pourrait encore être examinée lors de réunions ou coups de téléphone pendant le week-end.

Le communiqué de KBC a-t-il rassuré les marchés? On pourrait le croire, car l’action a clôturé sur une perte limitée à 7 pc (à 26,7 euros), mais peut-être aussi grâce au rebond des Bourses européennes en fin de séance.

A propos de la garantie de l’Etat, Dexia devrait rapidement communiquer sur les modalités pratiques de la convention. Les discussions seraient également en cours pour Fortis.


KBC sollicite l'Etat pour 3,5 milliards Le bancassureur KBC, dont l'action a encore baissé de 7,07 pc vendredi, veut envoyer un message clair au marché avant l'ouverture de lundi, et a pour ce faire sollicité de l'Etat un soutien via une recapitalisation de 3,5 milliards d'euros, indique Le Soir samedi. Le groupe flamand dit n'être pas confronté à un problème de solvabilité ou de liquidités, mais doit réagir pour enrayer la spirale négative dont il est victime.

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