Nouvelle journée noire en Bourse

Panique à bord. Les marchés boursiers ont subi un nouveau coup dur, vendredi. Le naufrage a commencé en Asie. A la Bourse de Tokyo, le Nikkei a dévissé de 9,60 pc à 7649,08 points. L’indice vedette du marché japonais a donc perdu plus de 800 points en une seule séance.

Ph.G.

Panique à bord. Les marchés boursiers ont subi un nouveau coup dur, vendredi. Le naufrage a commencé en Asie. A la Bourse de Tokyo, le Nikkei a dévissé de 9,60 pc à 7649,08 points. L’indice vedette du marché japonais a donc perdu plus de 800 points en une seule séance. La vigueur du yen n’y est pas étrangère. Une heure et demi après la clôture de la Bourse du Japon, les marchés européens ont emprunté la même voie. A Bruxelles, le Bel 20 a perdu jusqu’à 7,9 pc en cours de journée, avant de se reprendre et de clôturer sur une baisse de 3,28 pc à 1 918,08 points. Toutes les composantes de l’indice belge ont clôturé dans le rouge, à l’exception de Dexia, en hausse de 4,98pc, et de Colruyt, en progression de 0,81pc.

Les opérateurs boursiers ont donc nettement limité les dégâts en cours de journée. Mais à un moment, ils ont tout de même eu très peur, tant les ordres de vente étaient nombreux. Peu avant l’ouverture de Wall Street, à Londres, sur le marché des "futures", le produit qui anticipe l’évolution de l’indice Dow Jones avait plongé au niveau maximum autorisé par la réglementation boursière.

C’est dire si les "traders" attendaient avec anxiété les premiers chiffres en provenance de la Bourse de New York. Comme on s’y attendait, le Dow Jones a plongé à l’ouverture, cédant jusqu’à 5,8 pc. Mais l’indice vedette de Wall Street s’est sensiblement redressé ensuite (lire les détails en page20).

"On assiste à des ventes dues au dénouement d’opérations de hedge funds, de compagnies d’assurances, d’opérateurs ayant utilisé un effet de levier, explique Xavier Servais, gestionnaire de portefeuille chez Dresdner Van Moer Courtens. Ils prennent les devants, ne sachant pas trop quelle sera la tendance à l’avenir. Les acheteurs se font rares parce qu’il y a peu de bonnes nouvelles en ce moment. En fait, dans le climat boursier actuel, tous les prétextes sont bons pour vendre." Dans ce contexte, les principales victimes sont bien connues: les valeurs financières, celles qui sont liées au secteur énergétique et les cycliques.


Douze candidats pour Kaupthing Même si Yves Leterme avait promis qu’une solution serait trouvée pour la fin de la semaine, le dossier Kaupthing connaît visiblement quelques lenteurs inattendues. "Il s’agit d’un dossier complexe qui implique trois pays", explique Daniel Jourde, responsable marketing de Kaupthing Belgique. Et qui ne serait la priorité ni de l’Islande, qui vient de recevoir un prêt de 2,1milliards de dollars du FMI, ni du Luxembourg Mais, apparemment, une douzaine de candidats se seraient présentés pour une reprise, selon le site de l’Echo. "Il faut maintenant que chacun d’entre eux fasse connaître ses conditions de reprise et que celles-ci soient examinées. Le dossier pourrait encore prendre une à deux semaines", a indiqué une porte-parole du Premier ministre. Qui ajoute que "pour les épargnants, on reste persuadé que no news is good news". Par contre, du côté de PWC, chargé d’administrer Kaupthing Luxembourg, c’est toujours motus et bouche cousue au sujet de ce dossier qualifié de "très sensible". On attend encore des éclaircissements sur les comptes de transfert qui inquiètent également beaucoup les clients de la banque. "Nous attendons encore l’avis d’un juriste, a indiqué Daniel Jourde, pour savoir si les montants en jeu seront reversés sur le compte du client ou à l’extérieur de la banque." Pour rappel, une inquiétude supplémentaire était née dans le chef des épargnants Kaupthing qui avaient effectué un virement, juste avant la cessation de paiement. Un virement logiquement toujours en cours et en suspens Or, lorsqu’un compte est déjà débité mais que le destinataire n’est, lui, pas encore crédité, c’est que l’argent est sur un compte dit de transfert, propriété de la banque. A ce niveau, Daniel Jourde se montre donc rassurant: l’argent ne restera pas sur le compte de la banque. Reste à savoir s’il rejoindra un compte Kaupthing ou un compte concurrent (Belga)

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