Pour la Toussaint, ça va. Après, on verra

"Pour les vacances de Toussaint, tout se passe bien", indique Claude Pérignon, porte-parole de Thomas Cook (marques Thomas Cook, Neckermann,). "La majorité des vols sont complets. Il ne reste que quelques places libres."

A.Ma et C.M.
Pour la Toussaint, ça va. Après, on verra
©EPA

Pour les vacances de Toussaint, tout se passe bien", indique Claude Pérignon, porte-parole de Thomas Cook (marques Thomas Cook, Neckermann,). "La majorité des vols sont complets. Il ne reste que quelques places libres." Avec, au final, des réservations qui sont "plus ou moins comparables" à celles de l’an dernier. En tête chez Neckermann, l’Egypte, la Turquie, la Tunisie, les Canaries et le Maroc. Un choix guidé par le soleil et le prix puisque 50 pc des clients ont opté pour l’Egypte et la Turquie où la formule "all inclusive" remporte un franc succès.

Même écho auprès de l’autre grand pourvoyeur de vacances organisées, Jetair. "Pour les vacances en avion", indique Hans Van Haelemeesch, porte-parole du tour-opérateur, "nous sommes au même niveau de réservation que l’an passé. Voire en léger plus. Les destinations les plus courues sont les Canaries (Ténérife est notre n°1), l’Egypte (Charm el Cheik et Hourgada sont n°2 et4), la Tunisie (Djerba, n°3) et la Riviera Turque (n°5)." A l’inverse, les mini-trips en voiture et les city-trips sont en recul. "Sans doute parce que, cette année, le 1ernovembre tombe un samedi, sans donner lieu à un week-end prolongé, alors que l’an passé, il tombait un jeudi et que beaucoup de personnes avaient fait le pont."

Pour le reste de l’hiver, les avis sont plus partagés. Jetair annonce un même taux de remplissage de ses avions qu’à pareille époque en 2007 alors que Thomas Cook observe un ralentissement, "surtout pour les périodes hors vacances scolaires et dans toutes les lignes de produits", déclare son porte-parole. Le client qui, jusqu’ici, réservait facilement des séjours avec départ dans les deux à trois mois se concentre aujourd’hui sur un départ nettement plus rapproché, dans les deux à trois semaines. "Il réserve encore mais il attend le dernier moment."

Sports d’hiver au ralenti

Ralentissement et réservations tardives: la crise financière est là et ses conséquences commencent à se faire sentir. "L’hiver 2008-2009 ne sera pas un grand cru", avance Claude Pérignon. "Nous avons déjà pas mal de réservations pour décembre et janvier, mais moins que l’an dernier, même si, une fois encore, plus on se rapproche de la période, plus cela se remplit."

Face à la neige, les deux tour-opérateurs sont également d’humeur différente: augmentation sensible chez Jetair, perte de vitesse chez Thomas Cook, comme pour le Club Med d’ailleurs (même si les réservations pour l’été prochain - avec prix "cassés" à la clé - ont bien démarré). A noter que l’hiver pâtit cette année d’un facteur "dates", avec une semaine de congé qui, contrairement à l’hiver dernier, "tombe" en même temps que dans d’autres pays, ce qui fait remonter les prix des séjours ski à leur niveau habituel.

L’avenir? "Les vacances, l’évasion resteront un besoin de base des consommateurs", souligne-t-on chez Thomas Cook. "Mais de là à dire que le comportement du client restera identique, c’est trop tôt. Certains indicateurs nous poussent cependant à l’optimisme, comme le fait que les gens réservent encore à court terme et que le prix du pétrole diminue, ce qui fait baisser la facture de mazout, d’essence et de diesel du consommateur, et de kérosène pour les déplacements en avion."

Reste qu’il y a une relation certaine entre les comportements de vacances et la confiance du consommateur. Laquelle, faut-il le rappeler, est fort mise à mal ces derniers temps


La côte belge est plutôt mélancolique C e ne sont pas des vacances majeures pour la côte, indiquent les agences immobilières. Noël et Pâques font mieux." Mais ce ne sont pas les pires non plus, ce titre-là étant remporté par les vacances de Carnaval. Il n’empêche, cette année 2008, les vacances de la Toussaint font encore moins bien. Le recul est fort marqué à Knokke. "Cela vaut pour toutes les locations saisonnières, explique Thibault Vanden Berghe, gérant de l’agence "Het Zoute". Les vacances à la mer sont en général les troisièmes vacances d’une famille après le soleil lointain et la neige. Baisse du pouvoir d’achat et crise économique aidant, ce sont celles qu’elles abandonnent tout de suite, se disant que si le temps est correct, elles pourront toujours faire le choix d’un week-end à l’hôtel." Et cela vaut pour toutes les vacances scolaires, "hormis la période du 1er au 15août, qui est un must mondain". "Par contre, les locations à l’année marchent bien, ajoute le courtier. Elles sont le fait de candidats acquéreurs qui font une pause dans leur recherche le temps de se refaire une santé financière." A Ostende, le recul est également assez net. "De 9 pc par rapport aux congés de Toussaint 2007 en nombre de nuits, mais de 5,5 pc en nombre de réservations, indique Mireille Rossel de l’agence "Dermul". Les locataires restent moins longtemps que l’année dernière. Ce qui ne veut pas dire qu’il y a encore plein de disponibilités: la semaine dernière, il était déjà trop tard pour obtenir un appartement sur la digue. Mais deux ou trois réservations en dernière minute pourraient modifier ces chiffres. Car nous ne parlons ici que d’une vingtaine de locations." Ailleurs, la baisse est plus légère, mais bien réelle. "De quelques pour-cent, indique Filip Degroote, de l’agence "Era Woestyn" du Coq. Le public est fidèle et revient d’une année à l’autre." A Coxyde, par contre, c’est le contraire. Chez Immo Europe, l’activité est en hausse de 20 pc. "Peut-être parce que l’écart entre prix de basse et de moyenne saisons est plus marqué chez nous que chez nos confrères, y explique-t-on. A moins que ce soit notre promotion "10 jours", soit comptant les deux week-ends." Conclusion? Pour en savoir plus, il faudra attendre le traditionnel bilan de l’Horeca.