L’Etat fédéral prêt à recapitaliser KBC

Trois milliards et demi d’euros. Telle est la somme que l’Etat fédéral devrait allonger pour renforcer le capital de KBC. Le gouvernement et KBC ont négocié jusqu’à dimanche soir. Ils seraient arrivés à un accord peu après 19h. Fortis vient de perdre un million d’euros de plus en justice Vers notre dossier spécial

L’Etat fédéral prêt à recapitaliser KBC
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Ph.G.

Trois milliards et demi d’euros. Telle est la somme que l’Etat fédéral devrait allonger pour renforcer le capital de KBC. Le gouvernement et KBC ont négocié jusqu’à dimanche soir. Ils seraient arrivés à un accord peu après 19h. Sur son site Internet, le quotidien "Le Soir" a affirmé que les discussions sur la recapitalisation de KBC avaient abouti à un accord entre négociateurs du gouvernement et direction de la banque.

Il est question d’une opération similaire à celle de l’intervention de l’Etat néerlandais en faveur d’ING. Le comité ministériel restreint devrait se réunir ce matin pour approuver les mesures arrêtées. Si la décision officielle tombe avant l’ouverture des marchés, il n’y aura pas de suspension de l’action. Mais dans le cas contraire? A la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), on se montre très prudent. "Il n’y a pas encore de décision de suspension de cotation", dit une porte-parole de la CBFA. "Cela dépendra des circonstances du moment. On peut encore décider de suspendre la cotation jusqu’à 15 minutes avant l’ouverture, au cas où toutes les informations ne seraient pas encore parvenues sur le marché. En tout cas, aucune décision formelle n’a été prise à ce sujet." Mais la suspension reste une éventualité. "On ne l’exclut pas", conclut la porte-parole de la CBFA.

D’après le site internet du quotidien "De Tijd", l’opération de recapitalisation se déroulerait sous la forme d’une émission d’actions sans droit de vote. L’Etat belge disposerait néanmoins d’un ou deux représentants dans le conseil d’administration de KBC mais la position des actionnaires actuels ne serait pas diluée. Ces actionnaires privés (KBC Ancora, Cera, Boerenbond et des familles flamandes) ne devraient pas, de leur côté, fournir un nouvel apport. Samedi, la presse avait fait état d’une intervention de l’Etat en faveur de KBC, à hauteur de 3 à 3,5milliards d’euros (LLB 25 et 26/10). Le quotidien "Le Soir" s’est montré plus affirmatif, annonçant que KBC avait demandé l’intervention de l’Etat belge pour renforcer son capital de 3,5milliards d’euros.

Position solide

Vendredi, le cours de l’action avait perdu 28,7 pc en cours de séance avant de se ressaisir et d’afficher une perte de 7,1 pc à la clôture. Depuis vendredi et durant tout le week-end, le bancassureur s’est néanmoins montré rassurant: contrairement aux autres banques, sa position est solide et il ne connaît aucun problème de solvabilité ou de liquidités. Mais la porte-parole de la banque concède qu’"il y a des points de vue changeants par rapport aux exigences de capital. Il y a des évolutions qui étaient inimaginables il y a des mois mais qui, maintenant, commencent à entrer dans les idées des acteurs du marché".

Hier, sur la RTBF, le secrétaire d’Etat aux Finances, Bernard Clerfayt avait indiqué que KBC devrait bénéficier d’un "mécanisme d’aide publique". Clerfayt avait aussi affirmé que la banque avait "un problème de liquidité" avant de démentir ses propres dires dans un communiqué.

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