Coût des sauvetages: 100€ par ménage

Le soutien étatique aux banques pèsera à concurrence d’environ 100euros par an dans le budget du ménage belge moyen. En se basant sur les chiffres du Bureau fédéral du Plan et en extrapolant le coût estimé récemment par le secrétaire d’Etat aux Finances, Bernard Clerfayt, "La Libre" a calculé les conséquences de l’augmentation de la charge de la dette due aux récentes injections de fonds publics. Infographie : Coût du sauvetage du secteur bancaire belge

Coût des sauvetages: 100€ par ménage
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Philippe Galloy

Le soutien étatique aux banques pèsera à concurrence d’environ 100euros par an dans le budget du ménage belge moyen. En se basant sur les chiffres du Bureau fédéral du Plan et en extrapolant le coût estimé récemment par le secrétaire d’Etat aux Finances, Bernard Clerfayt, "La Libre" a calculé les conséquences de l’augmentation de la charge de la dette due aux récentes injections de fonds publics.

Début octobre, Bernard Clerfayt avait estimé que le sauvetage de Fortis et de Dexia provoquerait une augmentation de la charge de la dette d’environ 300millions d’euros par an. Or, les opérations Ethias et KBC ont encore élevé cette facture. Contacté lundi, le Bureau fédéral du Plan évoque un montant de 450millions d’euros. "Cette hausse de la charge de la dette, qui représente un montant relativement considérable, n’apparaît toutefois pas dans le budget de l’Etat", explique Michel Saintrain, du Bureau du Plan. "Car le gouvernement table sur les revenus des participations reçues en échange de ses interventions pour compenser cette charge."

Lorsque la hausse de la charge de la dette était estimée à 300millions d’euros, le secrétaire d’Etat aux Finances avait calculé que le coût annuel prévisible par habitant serait de l’ordre de 28,27euros par an. Puisque l’augmentation de la charge de la dette atteint à présent 450euros, on peut extrapoler, sur base d’un calcul proportionnel, un coût annuel par habitant de 42,41euros. En considérant qu’un ménage belge est composé, en moyenne, de 2,4 habitants, il apparaît que les aides des pouvoirs publics en faveur de Fortis, Dexia, Ethias et KBC coûteront 101,77euros par ménage. Lundi soir, Bernard Clerfayt n’était pas en mesure de commenter ce chiffre.

Cette augmentation de la charge de la dette résulte des 21,9milliards d’euros d’argent public injectés dans les institutions financières en difficulté. Au sens du Traité de Maastricht, on ne fait aucune différence selon le niveau de pouvoir qui intervient. Les montants investis à l’échelon régional alourdissent donc également la dette publique belge. En tout, celle-ci atteignait quelque 280milliards d’euros fin 2007, soit 85 pc du produit intérieur brut (PIB), lequel vaut environ 330milliards d’euros. Si l’on se base sur une croissance du PIB de 1,6 pc cette année, comme le prévoit la Banque nationale, la dette, augmentée de la vingtaine de milliards d’endettement supplémentaire au profit des institutions financières, remonterait à 89 pc du PIB cette année. Ce calcul à la grosse louche ne tient pas compte d’une série de paramètres, comme les décaissements de l’Etat susceptibles de réduire le service de la dette. Mais ceci montre que l’effort consenti par les pouvoirs publics "n’est pas négligeable", au regard de la dette publique existante, souligne Michel Saintrain.

Mais les injections dans le capital des banques ont donné lieu à des prises de participation dans le capital de certaines institutions financières, comme BNP Paribas et Dexia. En clair: l’Etat augmente sa dette en empruntant pour soutenir les institutions financières, mais en même temps, ses actifs augmentent. Les conséquences des recapitalisations sur le budget de l’Etat dépendront de ce que l’Etat fera de ces participations. "A moyen terme, tout dépend du rythme auquel l’Etat va se désengager des banques", indique Michel Saintrain. A cet égard, c’est le flou intégral actuellement.