Effets négatifs limités pour les actionnaires

Le refinancement de KBC par l’Etat belge est différent de celui réalisé pour Fortis et Dexia. KBC émettra à l’intention de l’Etat belge pour 3,5milliards d’euros de titres non transférables et sans droit de vote. KBC utilisera le produit de la transaction pour accroître de 2,25milliards d’euros le capital de base "core Tier 1" dans son activité bancaire et de 1,25 milliard d’euros la marge de solvabilité dans son activité d’assurance.

AvC

Le refinancement de KBC par l’Etat belge est différent de celui réalisé pour Fortis et Dexia. KBC émettra à l’intention de l’Etat belge pour 3,5milliards d’euros de titres non transférables et sans droit de vote. KBC utilisera le produit de la transaction pour accroître de 2,25milliards d’euros le capital de base "core Tier 1" dans son activité bancaire et de 1,25 milliard d’euros la marge de solvabilité dans son activité d’assurance.

La transaction doit être réglée pour la fin de 2008. Les titres de créances seront émis au prix de 29,50euros par titre (soit le prix de clôture moyen des trois dernières séances boursières). Le coupon annuel par titre correspond à un taux de 8,5 pc ou alors à un montant égal à 110 pc du dividende payé pour l’année 2009 et 115 pc à partir de 2010. Cependant, aucun coupon ne sera distribué si aucun dividende n’est mis en paiement pour les actions ordinaires. L’Etat belge est en tout cas sûr de récupérer 100 pc de sa mise et pourrait réaliser une plus-value de 50 pc.

Risque de dilution

Que penser de cette opération? D’après un analyste, "l’Etat ne fait pas une mauvaise affaire". Il devrait - sauf si KBC ne paie pas de dividende - toucher un coupon de 8,50 pc à comparer à une charge d’intérêt d’environ 4,50 pc. De plus, il pourrait faire une plus-value de 1,7milliard d’euros.

Pour les actionnaires de KBC, le risque de dilution existe mais est limité. Primo, ils auront droit à un bénéfice moins élevé en raison de la charge à payer par la banque sur les 3,5milliards d’euros (environ des 300millions d’euros par an). Par ailleurs, KBC a le droit d’échanger tout ou partie des titres contre des actions ordinaires sur la base d’un contre une, et ce à l’expiration d’une période de trois ans après l’émission. Autrement dit, il n’est pas impossible que KBC émette de nouvelles actions (avec effet dilutif) pour rembourser le montant prêté à l’Etat. Mais on n’en est pas encore là.

Pour le reste, les analystes se montrent positifs sur l’opération annoncée par KBC. "Le grand avantage de cette injection de capital c’est que le marché n’a plus de doute sur la position de la banque en termes de fonds propres", estime Ivan Lathouders, analyste à la Banque Degroof. Elle semble ainsi suffisamment armée face aux dépréciations sur les papiers liés au "subprime".

Après la transaction, le ratio de capital Tier-1 pour les activités bancaires atteindra 10,7 pc et la marge de solvabilité pour les activités d’assurance atteindra 280 pc. "Ces niveaux sont supérieurs de plus de deux fois et demie aux minimums légalement requis", indique le communiqué publié hier.

Seul petit bémol pour KBC: son exposition sur les pays de l’Europe de l’Est qui sont fortement mis à mal par la crise financière depuis quelques semaines. Mais là aussi, la plupart des analystes ne se montrent pas inquiets outre-mesure. Et cela parce que les positions les plus importantes de la KBC sont en Tchéquie et en Pologne et non pas en Hongrie qui souffre particulièrement avec comme corollaire la chute du forint, la monnaie hongroise.

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