Encore et toujours, la déprime

Cela en devient presque banal: les marchés boursiers ont une nouvelle fois bu la tasse lundi, premier jour d’une semaine qui sera marquée par la publication des résultats de nombreuses entreprises, notamment aux Etats-Unis, et la publication de statistiques macroéconomiques.

V.S.

Cela en devient presque banal: les marchés boursiers ont une nouvelle fois bu la tasse lundi, premier jour d’une semaine qui sera marquée par la publication des résultats de nombreuses entreprises, notamment aux Etats-Unis, et la publication de statistiques macroéconomiques. Notamment en ligne de mire, la publication ce jeudi des chiffres de croissance aux Etats-Unis pour le troisième trimestre. En attendant, le baromètre Ifo, reflet du climat des affaires en Allemagne, est à son plus bas niveau depuis mai2003.

La méfiance est donc de mise. Car la plupart des observateurs s’attendent à ce que les prochains indicateurs macroéconomiques accréditent ce que tout le monde envisage désormais: l’entrée dans une récession qui sera longue et qui affectera l’ensemble des secteurs économiques, plombant encore un peu plus la confiance des consommateurs et l’investissement des entreprises.

Moral dans les talons

Dans ce contexte déprimé, la journée d’hier a, une nouvelle fois, été assez médiocre sur le front boursier. Après une ouverture catastrophique, les indices européens se sont quelque peu redressés dans le courant de la journée dans le sillage de l’ouverture de Wall Street qui a joué au yo-yo tout au long de la séance. Au terme d’une séance particulièrement nerveuse, le Bel 20 a clôturé la journée de lundi sur un recul de 3,33 pc. A Paris, l’indice Cac 40 a également cédé un peu moins de 4 pc. Seule exception notable, Francfort où l’indice local a progressé de 0,91 pc mais seulement grâce au bond spectaculaire de l’action Volkswagen (200 pc de hausse, lire en p.34) à la suite d’achats massifs de la valeur par des fonds d’investissements obligés de se couvrir sur le titre.

En Asie, le moral est également dans les talons des investisseurs. La Bourse de Tokyo a ainsi clôturé la séance de lundi sur un nouveau plongeon (-6,36 pc), au plus bas depuis 26 ans. Dans le même temps, l’euro a poursuivi sa glissade hier et s’échangeait contre 1,2518 dollar.

Reste à savoir ce qui permettra de casser ou d’enrayer en tout cas cette spirale à la baisse, cette crise de confiance généralisée. Un petit coup de pouce pourrait venir du côté des banques centrales. Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), a ainsi ouvert la voie à une nouvelle baisse des taux (NdlR: le principal taux est à 3,75 pc actuellement) sur le Vieux Continent. La date du 6novembre est ainsi sur les tablettes des économistes qui tablent sur deux initiatives de la BCE en ce sens d’ici à la fin de cette année. De l’autre côté de l’Atlantique, les choses devraient aller plus rapidement puisque la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait dès ce mercredi détendre le loyer de l’argent. Mais cette perspective de baisse des taux semble déjà, partiellement en tout cas, intégrée par les marchés et ne constituera pas LA recette miracle.

Bref, l’horizon reste plombé et chacun continue à guetter les prochaines mauvaises nouvelles. Alors que depuis son point le plus haut de l’année, le 17mai, la capitalisation boursière mondiale a fondu de près de 28000milliards de dollars, soit quasiment la moitié de sa valeur, le bout du tunnel ne semble pas encore en vue.

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