Mettre fin à la démence des marchés

Ce qui se passe pour le moment sur les marchés est incroyable. Lundi, on a appris que l’Etat belge allait renflouer KBC pour un montant de 3,5milliards. Ce qui porte son aide aux trois grandes banques belges à 20milliards d’euros.

Ce qui se passe pour le moment sur les marchés est incroyable. Lundi, on a appris que l’Etat belge allait renflouer KBC pour un montant de 3,5milliards. Ce qui porte son aide aux trois grandes banques belges à 20milliards d’euros.

Qui aurait cru il y a six mois que KBC, la florissante banque flamande, celle qui a toujours dit n’avoir aucun problème de solvabilité et de liquidité, allait devoir faire appel aux deniers publics? Peu de monde pour ne pas dire personne. Car ce qui se passe pour le moment va bien au-delà de la crise du "subprime". Si l’on en croit les chiffres officiels, les dépréciations encaissées par KBC sur le papier à risque du type "subprime" et les difficultés en Europe de l’Est où la banque est très présente ne justifiaient pas une injection de capital. Et pourtant, elle n’y a pas échappé. Sa seule consolation, ce sera peut-être d’avoir été la dernière banque belge à l’avoir fait.

Elle y a été acculée car sa cote de confiance s’était écroulée ces derniers jours sur les marchés, mettant en danger ses financements futurs. Ce signe de défiance s’est notamment manifesté à travers le marché très opaque du "Credit Default Swaps" (assurances crédits) qui est considéré comme un baromètre de la solidité d’une entreprise par notamment les agences de notation. Or, le fonctionnement de ce marché pose question, certains experts financiers se demandant s’il n’est pas manipulé par ceux qui prennent des positions à découvert ("short sellers"), c’est-à-dire ceux qui misent sur la baisse d’une action.

Voilà comment on en arrive à des spirales infernales où des actions n’arrêtent pas de dégringoler. Faut-il rappeler qu’une action comme KBC a perdu plus de 70 pc depuis le début de l’année?

Pour le moment, ce sont donc des marchés qui paraissent de plus en plus fous qui dictent leur loi. Et les Etats sont là pour tenter d’éviter une destruction complète du système bancaire via des injections de capital. Ils espèrent que cela permettra de tenir le coup jusqu’à ce que ce jeu de massacre s’arrête. Mais cela suffira-t-il? Qu’on soit dans un scénario d’auto-destruction ou de "short sellers" mal intentionnés, ne faut-il pas penser à d’autres mesures pour arrêter la démence actuelle? Ne faut-il pas repenser tous ces marchés comme ceux des CDS qui échappent à tout contrôle?

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