Greenpeace défend l’éolien offshore

Jeudi, étape belge au port d’Ostende pour le "Rainbow Warrior" dans le cadre d’un périple sous le signe de l’abandon du charbon. Le bateau mythique de Greenpeace est en route vers Poznan (Pologne), où se tiendra début décembre la conférence internationale sur le climat.

Greenpeace défend l’éolien offshore
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Ph. Law.

Jeudi, étape belge au port d’Ostende pour le "Rainbow Warrior" dans le cadre d’un périple sous le signe de l’abandon du charbon. Le bateau mythique de Greenpeace est en route vers Poznan (Pologne), où se tiendra début décembre la conférence internationale sur le climat. L’escale belge ne vise pas à dénoncer des coups de griffes dans l’environnement, mais l’ONG environnementaliste entend promouvoir le développement notamment des éoliennes offshore, en particulier l’interconnexion des parcs éoliens installés en mer du Nord. "L’interconnexion des différents parcs éoliens en mer du Nord (français, hollandais, allemand, danois, etc.) permettra de stabiliser la production européenne d’énergie renouvelable et de garantir sa fiabilité. Il faut aussi penser à l’interconnexion des parcs avec la production d’électricité d’origine hydraulique de la Norvège, elle peut compenser les périodes de vent faible où les éoliennes tourneront en bas régime", dit Fawaz Al Bitar, responsable de la campagne climat/énergie de Greenpeace Belgique.

Revenu de 800000euros

Il salue le projet de C-Power dont les six premières éoliennes offshore (sur une soixantaine à installer au total) sur le Thornton Bank au large des côtes ostendaises seront mises en service d’ici décembre. Mais l’interconnexion au niveau européen d’abord est indispensable. Il y a actuellement des câbles qui relient l’éolien offshore des Pays-Bas à la Norvège (production hydraulique) et les échanges commerciaux de courant entre les deux pays génèrent un revenu d’environ 800000€ pour les opérateurs. C’est pour saluer ce "premier pas important" de C-Power que Greenpeace Belgique a embarqué jeudi des passagers d’un jour à bord du "Rainbow Warrior", dont des députés fédéraux (Maxime Prevot/CDH, Jean Cornil/PS et Philippe Henry/Ecolo), pour être témoins de son action. Direction le parc éolien de C-Power à 30 kilomètres des côtes ostendaises.

Après environ deuxheures de navigation, face aux six éoliennes, les fidèles de l’ONG ont déployé des banderoles avec un message: connecter les parcs éoliens de la mer du Nord entre eux "pour plus d’efficacité et une garantie d’approvisionnement". Car les éoliennes en mer ont un rendement plus important que celles à l’intérieur des terres, mais elles ne tournent qu’à environ 30 à 35 pc du temps en raison des variations de la force du vent.

Sept pays sont concernés par le développement de parcs éoliens mer du Nord: Allemagne, Belgique, Danemark, France, Norvège, Pays-Bas, Royaume Uni. Mais le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume Uni (bientôt rejoints par la Belgique) ont une longueur d’avance sur les autres avec une capacité totale installée en mer du Nord d’environ 1 080 mégawatts (MW) sur un total de 56000MW pour tous les parcs éoliens en Europe (terre et mer). Ces derniers ont une production de 119 téraWatts-heure/TWh (1 TWh =un milliard de kiloWatts-heure), soit 3,7 pc de la demande totale de jus en Europe. Selon Greenpeace, la puissance éolienne installée en Europe devrait être portée à 300000MW en 2030, la part de l’offshore sera de 120000MW dont 100 000 pour les parcs de la mer du Nord.