ArcelorMittal envisage de supprimer 9.000 emplois dans le monde

Pour faire face à la crise et anticiper ses effets, le groupe sidérurgique mondial ArcelorMittal devrait annoncer la suppression de près de 9000 emplois dans ses installations en Europe occidentale, a appris "La Libre Belgique" auprès de sources proches du dossier. La mesure touchera principalement le personnel occupé dans les fonctions "support" à savoir les employés et les ingénieurs. 118 emplois délocalisés vers le LuxembourgMarcourt: Il faut un plan européen de redéploiement PDF: Le communiqué offciel d'ArcelorMittalLa CSC manifeste chez Joëlle Milquet

ArcelorMittal envisage de supprimer 9.000 emplois dans le monde
© EPA
Philippe Lawson

Pour faire face à la crise et anticiper ses effets, le groupe sidérurgique mondial ArcelorMittal devrait annoncer la suppression de près de 9000 emplois dans ses installations en Europe occidentale, à l'issue de la réunion de son comité d'entreprise extraordinaire ce jeudi à Luxembourg, a appris "La Libre Belgique" auprès de sources proches du dossier.

La mesure touchera principalement le personnel occupé dans les fonctions "support" à savoir les employés et les ingénieurs. Les ouvriers par contre ne devraient subir qu'un léger impact de cette mesure qui sera appliquée notamment en France, en Belgique et aussi dans les pays de l'Est. "ArcelorMittal a toujours pris l'avance sur les autres dans les mesures à prendre pour rester compétitif, mais cette course folle à la rentabilité et au retour sur investissement à deux chiffres pénalise l''emploi. Ici, la crise économique est une des raisons de cette mesure, mais elle n'est pas la seule", nous a confié un responsable syndical.

Pour rappel, le leader mondial de l'acier a annoncé mardi la suppression de près de 2400 emplois sur environ 4000 aux USA, principalement à Burns Habor (Illinois). En ce qui concerne la Belgique, un nouveau plan stratégique est déjà en préparation et devrait être présenté aux organisations syndicales le 8 décembre prochain. Il est baptisé "Speed up", ce qui traduit la volonté du groupe d'accélérer la cadence des mesures pour éviter d'être pris de cours par la crise économique. Pas encore de chiffre sur le nombre d'emplois qui serait touché par les mesures du plan "Speed up", mais d'après les syndicats, on pourrait passer les prépensions. Ils rappellent qu'un nombre important de travailleurs prépensionnables existe à Liège, ceux-ci sont évalués à environ 1200 travailleurs. "Liège s'est toujours bien adapté aux situations de crise, mais c'est une catastrophe pour le bassin et un grand nombre de départs en prépension handicaperait l'avenir de l'activité sidérurgique", nous dit-on.

Une seule certitude est que ArcelorMittal Liège restera une sidérurgie intégrée avec notamment ses deux hauts fourneaux dont le 6 est déjà l'arrêt jusqu'en février 2008 au moins.


"Inacceptable" pour le SETCa L'annonce de la direction d'ArcelorMittal de se séparer de 9.000 salariés, dont 3.500 en Europe du Nord, est "totalement inacceptable" pour le secrétaire régional du SETCa Sidérurgie de Liège, Egidio Di Panfilo. A Liège, 960 emplois sur 4.200 sont concernés par des fonctions support. Le nombre de départs n'est cependant pas encore connu. Pour le SETCa, l'annonce de la direction, qui suit celle du maintien de la sidérurgie intégrée avec deux hauts-fourneaux, "compromet gravement le climat de confiance qui avait pu s'installer entre les représentants des travailleurs liégeois, wallons et européens, d'une part, et ArcelorMittal, de l'autre". Egidio Di Panfilo rappelle qu'avant la crise financière, ArcelorMittal a volontairement baissé sa production de 15 pc. "Ce chiffre est aujourd'hui passé à 35 voire 50 pc. Indiscutablement, le groupe ArcelorMittal, qui a encore réalisé cette année en 9 mois seulement un bénéfice de 8 milliards d'euros -pour 7,5 sur l'ensemble de 2007-, utilise la crise pour mettre en place des plans de restructuration qui, avant tout, conviennent à sa stratégie globale, uniquement basée sur le profit avec des résultats à deux chiffres, et aucunement sur le développement économique et social global des régions dans lesquelles il s'investit. A nos yeux, comme à ceux de nombreux observateurs, ArcelorMittal entretient de la sorte la crise que nous connaissons tous au niveau mondial, avec des conséquences souvent dramatiques sur le pouvoir d'achat", dénonce le syndicaliste. Le SECTa précise qu'il participera aux manifestations organisées en Europe, notamment celle de la CGT française à Florange, le 8 décembre. "Au-delà du cas précis, malheureux et scandaleux d'ArcelorMittal, notre crainte, étayée, est de voir d'autres grands groupes internationaux établis dans le bassin liégeois et en Wallonie, choisir la fuite en avant plutôt que le dialogue social au profit des travailleurs et de l'économie de toute une région", a conclu M. Di Panfilo, annonçant que la lutte "ne faisait que commencer".

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