Le scandale Madoff touche l’Europe

Des investisseurs parmi les plus riches et puissants de la planète auraient été dupés, pendant des années parfois, par le gérant financier en vue de New York, Bernard Madoff (70 ans), accusé d’avoir mis en place une gigantesque fraude pyramidale.

Le scandale Madoff touche l’Europe
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Des investisseurs parmi les plus riches et puissants de la planète auraient été dupés, pendant des années parfois, par le gérant financier en vue de New York, Bernard Madoff (70 ans), accusé d’avoir mis en place une gigantesque fraude pyramidale. Gestionnaire de fonds de Wall Street et ex-président du conseil d’administration du Nasdaq (une des deux grandes bourses de New York), il a été arrêté jeudi. De Tokyo à l’Europe en passant par les Etats-Unis, ces clients - des établissements bancaires, des fonds d’investissements et des fortunes personnelles - feraient actuellement leurs comptes pour évaluer les pertes sur les fonds confiés à Madoff.

Selon le Wall Street Journal, des banques comme BNP Paribas en France, Nomura Holdings à Tokyo et Neue Privat Bank à Zurich seraient exposées. La fraude porterait sur un montant d’environ 50milliards de dollars. S’adressant à son personnel, Bernard Madoff a déclaré qu’il "était fini, n’avait plus rien et avait perdu environ 50milliards de dollars", ont indiqué jeudi le parquet de New York et le FBI. Il a été libéré contre une caution de 10millions de dollars.

Pendant des décennies, il a été l’un des piliers de Wall Street fréquentant les milieux influents et cultivant une liste de clients exclusifs. La SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme boursier américain, a affirmé que M.Madoff avait toujours obtenu de forts retours sur investissements, en utilisant des fonds frais apportés par de nouveaux clients. Malgré ces surprenants forts retours sur investissements et le fait que des entreprises d’audit inconnues ou presque réalisaient ses audits, la SEC "est apparue totalement surprise" à l’annonce de l’arrestation du gérant, indique le New York Times. "Malgré ces clignotants au rouge, les hedge funds (des fonds spéculatifs, Ndlr) ont continué de faire la promotion des fonds de Madoff auprès d’autres fonds ou portefeuilles", écrit le journal.

L’escroquerie a été mise au jour lorsque ses clients ont voulu retirer le capital qu’ils avaient placé et découvert que les coffres du gérant étaient vides. Selon la presse européenne, des investisseurs espagnols, dont le fonds Optimal-Santander, seraient exposés pour "plus de 3milliards de dollars" à la fraude.

Perte de 5milliards en Suisse

Selon le journal ABC, le gérant de fortunes espagnol M&B Capital Advisor serait exposé pour un montant de 558millions de dollars dans des produits de la société de Bernard Madoff. Les banquiers suisses de Genève pourraient perdre jusqu’à cinq milliards de dollars dans la fraude, indique samedi le quotidien suisse "Le Temps". "Plusieurs estimations recueillies par "Le Temps" laissent à penser qu’au moins 5milliards sont à risque" à Genève, explique le journal qui a contacté un certain nombre d’institutions de la ville au bord du Léman. L’Union bancaire privée, numéro un mondial des hedge funds, "risquerait de perdre au moins un milliard", assure encore "Le Temps". Une information que l’institution a refusé de commenter. Aux Etats-Unis, parmi la longue liste des clients individuels victimes de l’escroquerie, figureraient le propriétaire de l’équipe de baseball des New York Mets, Fred Wilpon et l’ancien propriétaire de l’équipe de football américain de Philadelphie, the Philadelphia Eagles, Norman Braman. Le New York Times rapporte qu’une firme de conseil en hedge funds, Fairfield Greenwich Group, aurait investi 7,5milliards de dollars avec Madoff. (AFP)

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