Ryanair ne devra pas rembourser les aides wallonnes

Le tribunal de première instance de la Cour européenne de Justice (CEJ) a annulé mercredi la décision de la Commission européenne exigeant le remboursement des aides versées par la Région wallonne à Ryanair.

Ryanair ne devra pas rembourser les aides wallonnes
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BELGA

Selon un communiqué diffusé par la Cour, l'analyse de la Commission est "entachée d'erreurs de droit".

L'exécutif communautaire aurait fauté en "refusant d'examiner ensemble les avantages octroyés par la Région wallonne et par l'aéroport de Charleroi, et de vérifier si, prises ensemble, ces deux entités se sont comportées comme des opérateurs rationnels en économie de marché".

L'affaire remonte à 2001. Pour encourager la compagnie aérienne irlandaise à établir son hub européen à Charleroi, le gouvernement wallon de l'époque avait consenti à accorder d'importantes aides régionales.

Saisie d'une plainte, la Commission européenne a déclaré en 2004 que ces aides étaient illégales et exigé que Ryanair rembourse les montants perçus.

La compagnie low-cost, emmenée par le pugnace Michael O'Leary, a introduit un recours à Luxembourg, ce qui n'a pas empêché la Région wallonne de mettre en oeuvre la décision de la Commission.

Après des négociations, quatre millions d'euros, correspondant aux rabais sur les redevances dont a bénéficié Ryanair, ont été placés sur un compte bloqué dans l'attente de la décision de la Cour européenne.

Ryanair devrait vraisemblablement pouvoir récupérer le montant rapidement, étant donné qu'un éventuel pourvoi de la Commission en appel ne serait pas suspensif de la décision rendue en première instance.


Le patron de Ryanair, Michaël O'Leary, s'est gardé mercredi de tout triomphalisme après sa victoire juridique dans le dossier de l'aéroport de Charleroi Il a proposé à la Commission européenne de "développer une nouvelle relation", moins conflictuelle. "J'espère que la direction-générale des transports (de la Commission) acceptera notre branche d'olivier", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles. M. O'Leary a reconnu avoir commis "de nombreuses erreurs" dans le passé. "Être agressif et porté sur la confrontation est une bonne méthode pour s'attaquer aux grosses compagnies aériennes, mais je ne suis pas sûr que c'était la bonne manière d'approcher la Commission", a-t-il dit, en référence à ses déclarations incendiaires à l'encontre de l'exécutif communautaire.

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