Lehman : Citibank prête à rembourser

Petite lueur d’espoir pour certains clients de Citibank. Dans les semaines qui viennent, la banque va réexaminer tous les dossiers des clients qui ont acquis des produits Lehman Brothers."Il faut un contôle européen, au moins"Réagissez sur notre forum

Philippe Galloy
Lehman : Citibank prête à rembourser
©D.R.

Petite lueur d’espoir pour certains clients de Citibank. Dans les semaines qui viennent, la banque va réexaminer tous les dossiers des clients qui ont acquis des produits Lehman Brothers. "Si, à la lumière de l’examen de ces dossiers, nous estimons qu’il existe des arguments démontrant que nous n’avons pas fourni la bonne information à certains clients, nous les rembourserons" , a confié à "La Libre" José de Peñaranda, patron de Citibank Belgique. La banque estime toutefois que le pourcentage de remboursements sera "très limité" car elle a "toute confiance" dans la façon dont ces produits ont été vendus.

En 2007 et 2008, Citibank avait commercialisé des placements structurés dont l’émetteur était la banque américaine Lehman Brothers. A l’époque, celle-ci jouissait d’un "rating" "A+", ce qui signifie que les agences de notation considéraient qu’elle présentait une grande capacité à rembourser ses dettes. Contre toute attente, Lehman Brothers a fait aveu de faillite le 15 septembre 2008. Depuis lors, impossible pour les clients ayant de tels produits de récupérer leur argent. Comme d’autres institutions financières belges (Fortis, Ethias, Deutsche Bank, Swiss Life et Nateus), Citibank a fait face au mécontentement des investisseurs qui avaient souscrit ces produits Lehman. La filiale belge de Citigroup s’est engagée à suivre de près la procédure à mener aux Etats-Unis pour tenter de récupérer ce qui pouvait encore l’être, au profit de ses clients. Mais cette procédure prend du temps et il est probable que le résultat sera très maigre, sinon nul. Dès lors, certains clients ont fait valoir des arguments susceptibles d’engager la responsabilité de Citibank, ce qui contraindrait cette dernière à intervenir sur ses propres deniers. La direction générale Contrôle et Médiation (ex-Inspection économique) du service public fédéral Economie a même entamé une enquête et a remis ses conclusions au Parquet de Bruxelles. Las d’attendre l’aboutissement de cette procédure, un particulier a, en outre, récemment intenté une action en justice contre Citibank.

Un blason à redorer

Face à cette levée de boucliers, cette dernière a décidé de réagir. "Nous estimons que nos processus de vente restent corrects, mais nous reconnaissons que la perfection n’est pas de ce monde , explique José de Peñaranda. Une de nos équipes va examiner de façon tout à fait indépendante si la banque a bien joué son rôle à 100 pc dans chaque dossier. C’est une opération systématique : les clients ne doivent pas réclamer son application. Il est possible que cette vérification apporte des arguments démontrant que certains clients n’ont pas été correctement informés. Ceux-ci seront alors remboursés. Nous n’en faisons toutefois pas la publicité, car nous pensons que cela ne concernera qu’un pourcentage très limité de dossiers."

Cette décision intervient justement au moment où Citibank entame une campagne visant à redorer son blason en Belgique : l’an dernier, la banque avait fait l’objet d’attaques à propos de ses démarches commerciales en matière de crédit à la consommation. Pour regagner les faveurs de l’opinion, Citibank lancera notamment sous peu une campagne afin de répondre aux questions des clients, sur tous les sujets qui les préoccupent, en matière d’investissement comme de prêt ou de pension, par exemple. Originalité de l’opération : ce sont des professeurs d’université qui ont rédigé les réponses aux questions, histoire de garantir la fiabilité et la neutralité de l’information. Citibank entend jouer la carte de la transparence. N’en attend-on pas moins d’une banque ?