Fortis : "Décisions logiques"

Le rapport des experts désignés par la cour d'appel dans le dossier Fortis a incité des experts du gouvernement belge à s'atteler dès mardi soir à la renégociation des termes de la reprise de l'ex-bancassureur par BNP Paribas.Certains des collègues de Didier Reynders au gouvernement l'auraient pressé à ouvrir immédiatement les négociations. Dexia avait 3 fois plus de crédits toxiques que Fortis Quels espoirs pour les actionnaires ? Vers notre dossier spécial Réagissez sur notre forum

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© Olivier Pirard
AvC

Le rapport des experts rendu public hier est a priori une douche froide pour les actionnaires de Fortis. Car il donne raison dans les grandes lignes à l’Etat belge et donc au conseil d’administration. "Nous sommes d’avis que les décisions prises par la (les) conseil(s) d’administration de Fortis sur base des accords intervenus à l’issue de négociations entre le gouvernement belge et différents interlocuteurs peuvent être qualifiées de logiques et raisonnables et qu’elles ne sont pas attentatoires à l’intérêt social des sociétés du groupe, dont Fortis Holding et Fortis banque", peut-on lire à la fin d’un long rapport (près de 100 pages). D’après eux, les opérations ont été conclues "à des conditions dures mais raisonnables".

Les cinq experts nommés dans le cadre de la cour d’appel pensent même que désapprouver les opérations conclues les 3, 5 et 6 octobre (vente des actifs néerlandais aux Pays-Bas et de l’assurance et la banque en Belgique et au Luxembourg à BNP Paribas) constitueraient une "décision grave s’il n’y avait pas d’alternative réellement crédible". En résumé, il n’y avait pas d’autre choix que le démantèlement du groupe vu notamment les problèmes de financement de la banque.

Toutefois, les experts apportent quelques nuances à leur blanc-seing et suggèrent de "redonner de la valeur au holding". Ce qui ouvre la voie à des négociations et peut-être à un meilleur sort pour les actionnaires (maximum de quelques euros, selon les analystes).

A quelques détails près, ils ne pensent pas que le deal avec les Hollandais puisse être renégocié.

Fini le "stand alone" ?

En revanche, pour ce qui de la partie française, ils voient plus de possibilités. Ils étudient plusieurs hypothèses mais en privilégient une. Il s’agirait de maintenir dans le holding 25,1 à 50,1 pc de Fortis Insurance et que la SFPI (le véhicule financier de l’Etat belge) apporte en Fortis Holding les 25 pc qu’il est appelé à détenir dans Fortis banque.

Petit hic, une telle hypothèse nécessiterait des besoins financiers compris entre 1,5 et 2,87 milliards d’euros. Comment faire ? La balle est dans le camp de BNP. Il faudrait que la banque française accepte de renégocier l’opération CASHES (lire ci-contre), soit l’opération SPV, ce véhicule à créer pour placer une partie des crédits à risque.

Les experts étudient les deux autres scénarios. Celui d’un "stand alone" au niveau du holding ou des entités opérationnelles. Pour cette dernière hypothèse, ils font valoir qu’elle aurait pour inconvénient de nécessiter un investissement complémentaire de l’Etat belge et qu’elle n’apporterait pas de valeur ajoutée au holding.

Du côté des administrateurs et de l’Etat belge, le rapport publié hier suscitait évidemment la plus grande satisfaction. "Les experts confirment et confortent la position qui avait été adoptée par l’Etat belge" , a commenté le ministre des Finances, Didier Reynders, renvoyant pour les pistes de renégociation à "une discussion à avoir entre les partenaires" . Même son de cloche du côté de Jan Michel Hessels, président démissionnaire du conseil d’administration de Fortis Holding. "Nous avons essayé de faire le mieux possible face à une avalanche de critiques de la part des actionnaires. Il est agréable de constater que pour les experts, le conseil d’administration a agi d’une manière juste et dans le respect de l’objet social" , a-t-il indiqué lors d’une conférence téléphonique. Fortis holding demande au gouvernement belge "d’entamer des négociations dans les plus brefs délais".

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