"Pas si pessimiste"

Pierre Nothomb, associé chez Deminor, voit des éléments de négociation dans le rapport d’experts.Il y trouve aussi quelques éléments paradoxaux et certaines omissions étranges.

"Pas si pessimiste"
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ariane van caloen

entretien

Voici l’analyse du rapport d’experts par Pierre Nothomb, associé chez Deminor qui représente plus de 10 000 actionnaires de Fortis.

Que pensez-vous du rapport d'experts ?

Quand on lit le résumé, on a l’impression que les opérations de cessions ont été faites correctement et à une bonne valorisation. Mais quand on rentre dans le détail, on a une perception différente comme si le résumé se voulait politicaly correct et le reste moins. Il y a là un paradoxe.

Quels sont les éléments positifs ?

Le rapport montre en filigrane des zones de renégociation qui permettraient d’augmenter substantiellement la valeur du groupe. Je ne suis pas si pessimiste que cela. Les actionnaires vont maintenant devoir se mettre dans une position de négociation.

C'est-à-dire ?

Il est évident que nous n’avons pas une grande sympathie vis-à-vis les transactions réalisées. Si l’Etat ne vient pas l’assemblée avec des solutions, la position des actionnaires sera hostile.

Quels sont les éléments de négociation ?

Exemples : la couverture des produits financiers CASHES ou encore la valorisation du pôle assurance aux Pays-Bas. Autre point : le rapport met en cause la valorisation des actions BNP qui doivent servir à payer le rachat de Fortis banque.

Qu'apprend-on de surprenant dans le document ?

On voit que le sauvetage de Fortis a coûté 14,9 milliards au gouvernement et qu’il s’est lancé dans une mauvaise voie en travaillant sur la solvabilité de la banque plutôt que sur la liquidité.

Pour la première fois, il est écrit que le scénario du stand alone de Fortis banque est opportun à travailler même si ce n’est pas celle qui est privilégiée. On rappelle que le niveau de solvabilité de la banque est revenu à un niveau de 10 pc.

Y-a-t-il des éléments qui vous étonnent ?

Le rapport ne dit rien sur la convention signée avec les Hollandais le premier week - end concernant la recapitalisation de Fortis banque. Le rapport ne dit pas non plus que BNP a directement négocié avec l’Etat belge. L’absence de ces éléments pourrait faire penser que les conclusions ont été influencées par des facteurs politiques.

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