Trente experts planchent sur Fortis

Le pouvoir exécutif a, le premier, dû recourir à des spécialistes du droit et de l’économie. Et pour cause : il s’agissait de tirer Fortis du pétrin où il se trouvait début octobre. Le "groupe (ou comité) de pilotage" l’y a aidé.

Ph.G.

Le pouvoir exécutif a, le premier, dû recourir à des spécialistes du droit et de l’économie. Et pour cause : il s’agissait de tirer Fortis du pétrin où il se trouvait début octobre. Le "groupe (ou comité) de pilotage" l’y a aidé. On y trouve huit éminents économistes et/ou juristes : Luc Coene, vice-gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), Xavier Servais, président de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), Pierre Wunsch, chef de cabinet de Didier Reynders, Koen Van Loo, patron de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI), Wim Coumans, ex-patron de la société nationale du crédit à l’industrie (SNCI), Françoise Masai, Peter Praet et Jean Hilgers, directeurs à la BNB.

Après avoir joué les pompiers, le gouvernement a décidé de procéder à une réforme plus profonde en instituant un "comité supérieur pour une nouvelle architecture financière" ou "comité Lamfalussy", du nom de son président, Alexandre Lamfalussy, ex-président de l’Institut monétaire européen. A ses côtés, Jean-François Cats, président de l’Institut belge des auditeurs, Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies, Willy Kiekens, directeur au Fonds monétaire international, Geert Noels, économiste en chef chez Petercam, Peter Praet (encore), et Eddy Wymeersch, président du Comité européen des contrôleurs.

L’affaire Fortis prenant un tour judiciaire, un premier collège d’experts a été nommé en première instance de référé. Il est composé de Jean-François Cats (déjà présent au comité Lamfalussy), Eric de Bodt (professeur d’économie à Lille) et Dirk Smets (réviseur d’entreprises). Il continue sa mission : établir un rapport sur la cession des actifs de Fortis. Ce rapport ne sera pas remis avant l’assemblée du 11 février. En appel, un autre collège d’experts a été désigné. Présidé par Guy Horsmans et Walter Van Gerven, professeurs de droit, il comporte aussi un réviseur d’entreprises, André Kilesse, un ex-patron de banque, Remi Vermeiren, et un prof français, Roland Gillet. C’est leur rapport que Fortis a publié hier. Enfin, il faut encore tenir compte des experts épaulant le pouvoir législatif. Le Parlement a institué deux commissions parlementaires après ce qui est devenu "l’affaire Fortis". La commission d’enquête sur la question de la séparation des pouvoirs dispose de quatre experts (Adrien Masset, spécialiste en droit pénal (ULg), Jean-François Van Drooghenbroeck, spécialiste en droit judiciaire de l’UCL, Jean Dujardin, spécialiste en droit public de la VUB, et de Frans Vanistendael, spécialiste en droit fiscal de la KUL) et quatre autres experts épaulent la commission spéciale sur la crise financière (Georges Hübner de l’ULg, Walter Van Gerven de la KUL, le réviseur d’entreprise Ludo Swolfs, et Michel Massart de l’ULB). En tout, ils sont trente !


ING nuance à son tour les chiffres du rapport d'experts Alors que le rapport préliminaire rendu par les experts nommés par la cour d'appel de Bruxelles dans le cadre de l'affaire Fortis, fait état d'un montant de 78 milliards d'euros de crédits structurés dans le portefeuille d'ING, la banque a fait savoir mercredi qu'elle ne reconnaît pas directement ce chiffre. "Cela concerne vraisemblablement une addition de différentes sortes de crédits. Qu'ING se situe pour ce poste au-dessus de la moyenne du Benelux est logique étant donné le fait que l'ampleur d'ING est plus importante que la moyenne dans le Benelux", réagit la banque dans un communiqué. Pour obtenir davantage de détails au sujet des différents produits dits "structurés", ING renvoie par ailleurs à ses résultats trimestriels. Quant à la partie qui concerne spécifiquement les "asset-backed securities" (ou "Alt-A-securities", pour un montant de 20 milliards d'euros), ING rappelle avoir conclu cette semaine un accord avec les autorités néerlandaises en vertu duquel ces dernières supportent 80% des risques liés à ces produits.

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