L’année de vérité pour le mobile

Croître durablement en ces temps difficiles : tel sera le fil rouge du congrès mondial de la téléphonie mobile, qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone.

L’année de vérité pour le mobile
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Croître durablement en ces temps difficiles : tel sera le fil rouge du congrès mondial de la téléphonie mobile, qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone.

Malgré le traditionnel cortège d’innovations et de lancements commerciaux qui rythmera le congrès jusqu’à jeudi, personne n’ignore la conjoncture. Le marché du mobile connaît une progression ininterrompue depuis dix ans, mais les ventes de téléphones devraient, pour la première fois de leur histoire, baisser en 2009, selon l’institut d’études Gartner. Celui-ci table sur un recul de 1 à 4 pc.

Le temps des secousses

Le Mobile World Congress, le plus important rassemblement annuel des entreprises du secteur, tombe, en effet, au terme d’une saison de résultats déplorables. Révisions en baisse des prévisions, suppressions d’emplois massives et réductions drastiques d’investissements : la tendance n’augure rien de bon. Motorola, Ericsson ou encore Samsung ont annoncé ces derniers mois des milliers de suppressions d’emplois, tout comme les géants de l’informatique et de l’Internet Yahoo!, Nec ou Microsoft, qui commencent eux aussi à sentir l’effet de la récession. Même le numéro un mondial du secteur, le finlandais Nokia, autrefois considéré comme intouchable au vu de sa suprématie sur le marché, a enregistré une chute de 15 pc de ses ventes de combinés au cours du dernier trimestre.

Pourtant, les mêmes analystes qui prédisent une sombre année 2009 soulignent aussi les atouts intrinsèques du secteur des télécommunications. Par rapport à d’autres, comme l’automobile ou la finance, il est mieux protégé, notamment parce que les renouvellements d’appareils et les abonnements mensuels génèrent des revenus récurrents. Il est aussi moins cyclique et moins dépendant des facteurs macroéconomiques.

De nouveaux concurrents

La crise n’est cependant pas le seul danger qui guette les grands opérateurs. L’année 2009 verra l’implantation d’une concurrence redoutable, incarnée par des firmes informatiques ou Internet, comme Apple et Google, qui n’ont pas tardé à comprendre le parti qu’ils pouvaient tirer de la convergence entre Internet et le mobile. Cette année, une foule de fabricants de PC vont également se joindre à la mêlée. Le taïwanais Asustek, pionnier du netbook, ce mini-ordinateur à bas coût, ainsi que son compatriote Acer, sont sur le point de lancer de nouveaux smartphones, des téléphones mobiles multfifonctions.

Ces appareils entreraient en concurrence avec les téléphones portables que Dell serait en train de développer. Fujitsu, Lenovo et Acer sont tous, eux aussi, bien introduits auprès des opérateurs télécoms.

Selon les rumeurs, Nokia et Microsoft devraient lancer tout prochainement un équivalent de l’AppStore d’Apple, la boutique de logiciels en ligne associée à l’iPhone, qui permet aux utilisateurs d’acheter et d’installer des milliers de programmes depuis l’écran tactile de leur mobile. Samsung Electronics et Research in Motion (le fabricant du BlackBerry) ont aussi récemment dévoilé des projets allant dans ce sens afin de tirer parti de la vente de logiciels, de jeux et de musique.

Un des points cruciaux du Mobile World Congress 2009 portera sur les logiciels qui adhèrent aux standards de l’Internet et fonctionnent sans efforts aussi bien sur les mobiles que sur les ordinateurs. "D’ici 2010, il y aura davantage de mini-logiciels et d’applications Web que de programmes natifs pour téléphones mobiles" , estime le cabinet CCS, spécialisé dans la technologie.