Crise : une occasion unique

Comment éviter de répéter demain les erreurs de la crise actuelle ? Coup sur coup, deux rapports - l’un à l’échelle de notre pays, le rapport Lamfalussy, l’autre au niveau européen, celui élaboré par le Français Jacques de Larosière - viennent de sortir de presse et présentent des pistes de réflexion qui, si elles ne sont pas toutes révolutionnaires, ont en tout cas le mérite de fixer clairement les enjeux autant que la nécessité de faire évoluer le mode de supervision actuel.

Comment éviter de répéter demain les erreurs de la crise actuelle ? Coup sur coup, deux rapports - l’un à l’échelle de notre pays, le rapport Lamfalussy, l’autre au niveau européen, celui élaboré par le Français Jacques de Larosière - viennent de sortir de presse et présentent des pistes de réflexion qui, si elles ne sont pas toutes révolutionnaires, ont en tout cas le mérite de fixer clairement les enjeux autant que la nécessité de faire évoluer le mode de supervision actuel. Un mode de supervision qui a clairement montré ses limites : trop fragmenté à l’échelle du Vieux Continent et de groupes financiers devenus, eux, transnationaux; pas assez réactif; dépassé par la complexité d’un monde de la finance où la sophistication et le manque de transparence des instruments financiers ne semblent plus avoir de limites.

L’occasion est probablement unique pour l’Europe - qui, après avoir réagi avec un temps de retard, semble désormais avoir pris la pleine mesure de la gravité de la crise actuelle - d’être à la hauteur du défi de cette crise exceptionnelle. Une occasion unique également pour les Etats membres d’enfin élargir leur champ de vision, là où, jusqu’à présent, la volonté de camper sur leurs prérogatives nationales a empêché toute réforme structurelle.

Les experts ont donc fait une partie du travail. Qui ne relève ni de la recette miracle, ni d’une assurance-vie contre tous risques de connaître à nouveau de nouvelles crises financières. Mais qui débouchera, si la volonté politique de l’Europe et des pays qui la composent est au rendez-vous - et c’est déjà un immense pas en avant - sur la mise en place d’outils permettant de prévenir certaines secousses systémiques, ou à tout le moins de tenter d’en atténuer les effets au travers de systèmes d’alerte.

Cette première étape - à supposer qu’elle se concrétise, mais le contraire serait impensable au vu des événements des derniers mois - devra être suivie d’autres dans le but de supprimer certaines dérives d’un monde de la finance, aujourd’hui totalement déconnecté d’une économie dont il n’est plus suffisamment au service. Car il faudra également s’attaquer aux mœurs de certains acteurs au cœur de la finance - agences de notation, traders, banquiers d’affaire - qui ont porté en eux les germes de la crise actuelle.