Rue de la Loi, on croise les doigts...

Oui, évidemment, on y croit encore, rue de la Loi. Dans les cabinets ministériels concernés, Premier et vice-Premiers ministres, on est d’ailleurs toujours persuadé que l’accord qui lie le sort de Fortis à BNP-Paribas sera approuvé par une (courte) majorité d’actionnaires.

V.d.W.

Oui, évidemment, on y croit encore, rue de la Loi. Dans les cabinets ministériels concernés, Premier et vice-Premiers ministres, on est d’ailleurs toujours persuadé que l’accord qui lie le sort de Fortis à BNP-Paribas sera approuvé par une (courte) majorité d’actionnaires.

Evidemment, cet optimisme mesuré était déjà celui qu’affichait le gouvernement belge avant la première assemblée générale qui repoussa le premier montage financier entre la banque belge et le groupe français. Mais cette fois, et malgré l’intense lobbying de Modrikamen and C°, malgré le "non" annoncé de Ping An, on semble percevoir une petite lueur d’espoir chez les ministres qui ont porté le dossier depuis le mois de septembre dernier.

Méthode Coué ? Oui, sans doute un peu. Mais dans les milieux politiques prévaut le sentiment que tout, vraiment tout, aura été tenté pour trouver un accord qui ramène un peu de valeur aux actionnaires et qui, surtout, ne vide pas complètement les caisses de l’Etat belge. Car comme on le répétait encore hier soir dans certains cabinets, il est des actionnaires qu’il faut autant protéger que ceux de Fortis, ce sont les actionnaires de l’Etat belge qui, eux, n’ont rien gagné à la bourse ces 10 ou 20 dernières années. Et ce sont eux qui, pourtant, supporteront en partie le sauvetage des grandes banques belges : les quelque 20 milliards déjà engloutis par l’Etat belge devront être répartis sur l’ensemble des contribuables.

En âme et conscience

Au nom du gouvernement belge, le Premier ministre, Herman Van Rompuy, avait précisé, il y a quelques jours la toute dernière position de son équipe. Oui, disait en substance le chef du gouvernement, le stand alone a bien été étudié. A l’époque, avait-il souligné, lors de la prise en compte des arguments "pour" et "contre" une banque d’Etat ou un adossement à BNP-Paribas, les membres du gouvernement ont "opté en âme et conscience pour la solution qui leur paraissait la meilleure", comte tenu, en outre, de l’importante dette publique de notre pays (90 pc, on frôle ainsi le retour au détestable effet boule de neige, c’est-à-dire son auto-alimentation) et de l’incertitude qui plane sur les efforts que la Belgique devra encore déployer dans le cadre de la crise. Donc, il n’y aura pas mille solutions : soit une majorité d’actionnaires privilégient, ce mardi, la transaction proposée avec BNP, soit ils privilégient la formule d’une banque d’Etat. Dans ce dernier cas, Fortis Banque restera pour les années à venir à 100 pc entre les mains de l’Etat.

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