Fortis : C'est au tour d'Utrecht de se prononcer

La deuxième fois aura été la bonne. Après un "non" en février, les actionnaires de Fortis Holding ont donné hier leur feu vert à l’accord conclu avec BNP Paribas et l’Etat belge. Et le "oui" est passé à une très large majorité de 72,99 pc sur un capital présenté ou représenté de 26,15 pc. Edito: Fortis, que de perdants pour un gagnant ! Pas de vache sacrée pour Modrikamen Décharge niée aux ex-administrateursPDF: L'ordre du jour de l'AG d'Utrecht PDF: les enjeux d'une AG historiquePDF: les principaux recoursLes slides de la présentationL'AG en images Réagissez sur notre forum Vers notre dossier spécial Video: l'AG d'Utrecht en video

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Fortis : C'est au tour d'Utrecht de se prononcer
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La deuxième fois aura été la bonne. Après un "non" en février, les actionnaires de Fortis Holding ont donné hier leur feu vert à l’accord conclu avec BNP Paribas et l’Etat belge. Et le "oui" est passé à une très large majorité de 72,99 pc sur un capital présenté ou représenté de 26,15 pc.

Le deal, essentiellement soutenu par les actionnaires institutionnels (à l’exception du chinois Ping An), peut donc être réalisé : 75 pc de Fortis Banque seront cédés à BNP Paribas. Quant à Fortis Holding, il devient un groupe d’assurances avec, en outre, une participation dans un portefeuille de crédits structurés à risque.

Toutefois, le suspense aura duré plus de cinq heures. Me Modrikamen, soutenu par plusieurs associations d’actionnaires, dont Deminor, aura en effet tout fait pour renverser la vapeur. Lundi, sur le coup de 22 h 30, il avait introduit une action en référé devant le tribunal de commerce de Bruxelles pour bloquer une série de droits de vote. Ayant reçu le listing des actionnaires enregistrés, il avait en effet constaté que Fortis Holding avait reçu procuration pour plus de 170 millions d’actions sans faire une déclaration de transparence. Ce qui signifie une suspension du droit de vote.

Toutefois, hier vers 9 heures, on apprenait que la présidente du tribunal de commerce, Mme De Tandt, avait jugé la demande irrecevable.

Me Modrikamen n’allait pas s’avouer vaincu. L’assemblée à peine commencée, il proposait au président Jozef De Mey de se prononcer sur le droit de voter de Fortis Holding pour ce paquet d’actions. Mais il s’est heurté au refus de Jozef De Mey. Ce qui a conduit à des échanges parfois virulents. Le ton est monté. "Respectez le principe des assemblées délibérantes ou démissionnez", a-t-il martelé avec un trémolo dans la voix. La foule s’est mise à crier des mots comme "démocratie" ou encore "démission". Des chaussures ont été lancées. Quand le nom de Didier Reynders a été mentionné, il y a eu des huées. Pas de quoi faire changer d’avis un Jozef de Mey tout de même ébranlé. N’ayant pas obtenu gain de cause, Me Modrikamen s’est levé au moment du vote sur le deal BNP et a menacé d’aller en justice pour faire annuler l’assemblée.

Fortis étant une société binationale, une autre assemblée a lieu ce mercredi à Utrecht. Si elle aussi donne son feu vert, BNP pourra aller de l’avant. Mais on peut imaginer que la banque française n’en est pas pour autant quitte des procédures en justice

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