Fortis, que de perdants pour un gagnant !

Voilà, c’est fini : BNP va pouvoir - en principe - prendre le contrôle de Fortis Banque. Les actionnaires du holding ont dit "oui" à une très large majorité au "deal" proposé.

Voilà, c’est fini : BNP va pouvoir - en principe - prendre le contrôle de Fortis Banque. Les actionnaires du holding ont dit "oui" à une très large majorité au "deal" proposé.

Mais ce "oui" aura été obtenu dans la douleur. Le spectacle donné hier fut pitoyable. Certains "petits" actionnaires, en partie "chauffés" par Me Modrikamen, se sont laissés aller à des comportements regrettables du type injures ou projectiles. On se croyait presque à une ligue d’impro où les mauvais acteurs auraient droit à des huées. Car il faut bien dire que les trois administrateurs sur le podium n’ont pas fait une bonne prestation. Ils ont laissé beaucoup de questions sans réponses et ont montré des signes d’énervement. Pas très rassurant pour l’avenir. Car n’oublions pas que Fortis Holding devient un groupe d’assurances important. Reste à espérer que les cinq autres administrateurs nommés hier vont renforcer le conseil.

Certes, le "oui", qui doit encore être confirmé lors d’une assemblée ce mercredi à Utrecht, met fin à une très longue période d’incertitude pour Fortis Banque. Mais faut-il s’en réjouir pour autant ? Les seuls, peut-être, à pouvoir s’en féliciter se trouvent à Paris, dans le quartier général de BNP Paribas, rue d’Antin. Car il paraît clair qu’ils ont fait une bonne affaire. Leur persévérance à vouloir concrétiser la convention signée en octobre, malgré tous les obstacles mis par les actionnaires, le laisse en tout cas penser.

Pour le reste, on voit beaucoup de perdants. Il y a, bien sûr, les actionnaires qui doivent avant tout s’en prendre à ceux qui ont mené au démantèlement de Fortis. Et qui n’étaient malheureusement pas là hier pour s’expliquer. Il s’agit bien sûr de l’ancienne direction.

L’autre grand perdant restera le gouvernement belge. Certes, il a été pris de court par une situation dramatique. Et c’est une évidence qu’il était en position de faiblesse au moment de la négociation avec les Français. Mais la façon dont il a voulu faire passer cet accord envers et contre tout aura été désastreuse. Face au jusqu’au-boutisme de M e Modrikamen, il a utilisé des méthodes tout aussi controversées. Il donnera aussi l’impression de laisser filer un nouveau pan de l’économie dans des mains étrangères. En cela, il aura perdu de la crédibilité dans sa capacité à gérer les dossiers économiques.

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