Modrikamen trop offensif ?

Me Modrikamen a adopté, mardi à Gand, une attitude particulièrement offensive, n’hésitant pas à réclamer la démission des dirigeants de Fortis Holding et à appeler les actionnaires qui le soutiennent à se rapprocher du podium.

(J.-C.M.)

Me Modrikamen a adopté, mardi à Gand, une attitude particulièrement offensive, n’hésitant pas à réclamer la démission des dirigeants de Fortis Holding et à appeler les actionnaires qui le soutiennent à se rapprocher du podium. Ce qu’ils ont fait par dizaines, certains d’entre eux allant jusqu’à jeter des objets en direction des patrons de la société, avant que l’avocat monte lui-même sur l’estrade pour appeler ses troupes au calme.

Ce comportement aura-t-il des suites sur le plan disciplinaire ? Difficile à dire à l’heure actuelle. Sur le plan théorique, on indiquera, comme nous l’ont rappelé mardi plusieurs représentants des Ordres des barreaux, qu’un avocat doit, en toutes circonstances, faire preuve de loyauté (il ne peut tenir des propos comportant des contre-vérités ou exposant des faits contraires à ce qu’il sait d’un dossier), de dignité (en ne versant pas dans l’insulte ou en n’adoptant pas un comportement agressif ou violent), de probité, de délicatesse et d’indépendance.

M e Modrikamen avait parfaitement le droit, comme le dit le règlement de l’Ordre, de participer à l’assemblée générale et d’y intervenir en tant que conseil des actions qu’il défend. Mais il ne bénéficiait pas, en ce lieu public, de l’impunité de plaidoirie qui eût été la sienne s’il était intervenu dans l’enceinte d’un tribunal. A l’audience, un avocat dispose en effet d’une série de protections reprises à l’article 444 du code judiciaire.

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