General Motors se place en faillite

Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a déposé lundi son bilan devant le tribunal des faillites du district sud de New York, selon un document mis en ligne sur le site du tribunal. GM, le rêve brisé de la classe ouvrière américaine

General Motors se place en faillite
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Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a déposé lundi son bilan devant le tribunal des faillites du district sud de New York, selon un document mis en ligne sur le site du tribunal. "Le dossier General Motors a été déposé devant le tribunal du district sud de New York", peut-on lire dans ce document.

Il s'agit du même tribunal où le troisième constructeur automobile américain, Chrysler, a suivi sa procédure de faillite depuis qu'il a déposé son bilan le 30 avril. Le juge en charge du dossier, Arthur Gonzalez, a rendu dans la nuit de dimanche à lundi un avis favorable à la sortie de faillite du constructeur.

Le gouvernement américain a annoncé dimanche que General Motors allait déposer son bilan pour entreprendre une restructuration draconienne sous perfusion financière de l'Etat.

GM n'a pas fait de commentaire lundi sur le dépôt de bilan, un porte-parole indiquant qu'un communiqué serait mis en ligne.

Le président américain Barack Obama doit s'exprimer lundi à 15h55 GMT (17h55 HB) sur la restructuration de l'industrie automobile. Le directeur général de General Motors Fritz Henderson doit ensuite donner une conférence de presse à New York.

L'épilogue était attendu au terme d'une tentative désespérée de GM pour redresser ses finances. Le groupe s'était vu donner en mars deux mois pour prouver qu'il était viable, mais la crise a tellement aggravé ses difficultés que le redressement judiciaire s'est imposé comme la seule issue possible. "Aujourd'hui restera un jour historique pour l'entreprise: la fin de l'ancien General Motors, et le début d'un nouveau", a indiqué l'administration du président Barack Obama dans un communiqué.

Le gouvernement s'est fixé pour objectif de faire sortir le "nouveau GM" du redressement judiciaire dans un délai de 60 à 90 jours, soit le double ou le triple de ce qu'il aura fallu au "petit" concurrent Chrysler, qui pourrait en ressortir dès lundi alors qu'il avait déposé son bilan le 30 avril.

La feuille de route du nouveau GM avait été rendue publique par petites touches ces derniers jours et le plan présenté par l'administration Obama lors d'une conférence téléphonique ne comporte aucune véritable surprise. Une nouvelle société sera créée pour reprendre les actifs les plus rentables du groupe, dont les engagements financiers seront réduits de plus de moitié. Les actifs qui génèrent des pertes seront liquidés.

L'Etat fédéral américain apportera à cette société 30,1 milliards de dollars et contrôlera 60% de son capital. L'Etat canadien et la province d'Ontario, où GM possède de nombreuses usines, verseront 9,5 milliards de dollars, et obtiendront 12% du capital. Le fonds à gestion syndicale chargé de financer la couverture médicale des retraités en recevra 17,5%. Enfin, 10% reviendront aux détenteurs d'obligations non garanties. 54% de ces derniers ont accepté l'offre gouvernementale, les autres ayant choisi de se battre devant la justice pour récuperer leur dû.

Les actionnaires actuels perdront leur mise. GM a confirmé, conformément au plan de redressement présenté en février, qu'il allait fermer onze sites et en mettre trois au chômage technique. Le groupe veut passer de 62.000 ouvriers syndiqués en 2008 aux Etats-Unis à 38.000 en 2011. "Nous espérons voir un GM avec un bilan où l'endettement pèsera beaucoup moins lourd, et capable d'être compétitif", a déclaré un haut responsable gouvernemental, qui a refusé d'être nommé, lors d'une conférence téléphonique.

L'objectif est d'abaisser le point-mort du groupe pour qu'il puisse être rentable avec un marché américain de 10 millions de voitures par an, alors qu'il perdait encore de l'argent avec un marché de 16 millions d'unités avant le début de sa restructuration. GM a vendu 2,98 millions de véhicules aux Etats-Unis en 2008, avec une part de marché de 22%.

Si GM se retrouve nationalisé, Washington ne veut toutefois pas s'immiscer dans la conduite des affaires du groupe. "Le contrôle par l'Etat n'était pas ce que nous recherchions ni ne souhaitions. C'est une issue obligée au processus de restructuration", a expliqué le haut responsable, qualifiant l'Etat d'"actionnaire passif".

Ce dernier a ajouté qu'il était "trop tôt" pour déterminer si l'Etat allait récupérer tout ou partie des 20,6 milliards versés entre décembre et avril pour maintenir le groupe en vie. Le président Obama doit s'exprimer lundi à 11H55 (15H55 GMT) sur la restructuration de l'industrie automobile, alors qu'est attendu le même jour la décision du tribunal des faillites de New York sur l'issue du redressement judiciaire de Chrysler.

Le directeur général de General Motors Fritz Henderson doit ensuite donner une conférence de presse à 12H15 (16H15 GMT), à New York, où se trouve le tribunal qui devrait être chargé du redressement judiciaire.


Les principaux points du plan gouvernemental - GM devra être rentable avec un marché américain de 10 millions d'unités vendues chaque année, alors que son point d'équilibre était de plus de 16 millions d'immatriculations. - Le syndicat de l'automobile UAW a fait des "concessions importantes" sur les salaires et la couverture médicale de ses retraités. - Les créanciers obligataires ont accepté d'échanger leurs 27,1 milliards de dollars de dette contre 10% de la nouvelle société, auxquels s'ajoutent des bons permettant d'acheter 15% supplémentaire du capital. - GM va fermer 11 usines et en mettre 3 autres au chômage technique. - Le Trésor apportera 30,1 milliards de dollars pour aider GM pendant sa restructuration. Il n'envisage pas que cette aide puisse être augmentée. En échange, le Trésor recevra 60% du capital de la nouvelle société. - Le Canada et sa province d'Ontario (où GM possède de nombreuses usines) avanceront 9,5 milliards de dollars US. Ils recevront 12% du capital. - Le "nouveau GM" va mettre en place un fonds chargé de financer la couverture santé des retraités du groupe. Ce fonds détiendra 17,5% du capital et recevra des bons lui permettant d'acquérir 2,5% supplémentaires. - Le nouveau GM aura "bien moins de dette et un bilan de classe mondiale" qui va lui permettre de réinvestir dans ses activités. - Le nouveau GM va assembler une nouvelle petite voiture dans une usine désaffectée pour porter de 66% à plus de 70% la part de ses voitures vendues aux Etats-Unis qui sont fabriquées dans ce pays. - Le gouvernement "ne souhaite pas détenir des participations au capital de sociétés plus qu'il est nécessaire et cherchera à céder ses intérêts aussitôt que cela sera possible". - Le gouvernement n'interviendra pas dans la gestion au jour le jour de ces entreprises. GM continuera à honorer les garanties sur ses modèles Pendant sa restructuration sous contrôle judiciaire, GM continuera à fonctionner de manière normale.

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