Vacances au pays ?

Partiront, partiront pas ? Et s’ils ne partent pas vers l’ailleurs, les Belges se rendront-ils à la côte ou dans le sud du pays ? Des questions, lancinantes, qui se posent sur fond de contexte économique difficile. Depuis des mois, les enquêtes, études, sondages se succèdent, apportant leur lot de réponses et présentant une constante : la crise affecte peu ou prou le comportement des vacanciers belges.

Vacances au pays ?
©Pirard
A.Ma. et C.M.

Partiront, partiront pas ? Et s’ils ne partent pas vers l’ailleurs, les Belges se rendront-ils à la côte ou dans le sud du pays ? Des questions, lancinantes, qui se posent sur fond de contexte économique difficile. Depuis des mois, les enquêtes, études, sondages se succèdent, apportant leur lot de réponses et présentant une constante : la crise affecte peu ou prou le comportement des vacanciers belges.

En janvier déjà, le tour-opérateur Jetair apportait une première réponse en se basant sur les réservations déjà effectuées à l’époque. Ces vacanciers "de la première heure" ne semblaient pas rogner sur leur budget vacances ou sur la durée de celles-ci, tout en recherchant cependant avantages et certitudes pour leur budget. Un ton optimiste que confirme la dernière enquête en date, celle de Jetair encore (sur son site) qui vient de sortir : les Belges veulent partir, et partiront, même si c’est moins souvent, moins luxueusement et moins loin. Et ils profitent des réservations rapides, des promotions et des "last minute". D’après l’état de ses réservations jusqu’au 22 juin, le nombre moyen de nuitées des clients a même très légèrement augmenté, comme le taux moyen d’étoiles pour l’hébergement et le choix des formules "tout compris" qui permettent de bien contrôler le budget.

Entre les deux, il y a eu les résultats du Crioc, le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs : un francophone sur deux ne partirait pas en vacances, 18% ne partant jamais et 30% "pas cette année". Principale raison invoquée : les finances ne suivent pas. Et la semaine dernière, Europ Assistance, par le biais de son baromètre européen pour les vacances d’été, faisait plutôt état, lui, d’un statu quo mais avec une différence Nord-Sud : le Nord partant et dépensant plus qu’un an auparavant, au contraire du Sud.

D’après la compagnie d’assistance, les Belges partiront d’abord en France, puis en Italie qui devient la deuxième destination devant la Belgique elle-même. La Belgique ? Selon les chiffres des tour-opérateurs (voir par ailleurs), les réservations pour les séjours dans notre pays étaient en baisse de 16,7% au 31 mars et de 18,2% à fin mai. "En hiver, les clients peuvent opter pour un week-end gastronomique en Belgique plutôt que pour un city-trip à l’étranger, mais nous ne constatons pas cette tendance en été. Les Belges veulent du soleil !", explique l’Association belge des tour-opérateurs.

Alors, des vacances à la côte belge plutôt que sous les cocotiers ou dans le sud de la France ? Même si les professionnels de la location ne peuvent parler de déferlante, la réponse est "oui". "Les agents immobiliers dans leur ensemble sont assez optimistes", confirme Jan Jassogne, porte-parole de la section "Côte" de la CIB, la confédération des immobiliers de Belgique. Les réservations sont un peu meilleures aujourd’hui qu’à pareille époque l’an dernier." Mais il ne s’agit là que de ceux qui ont planifié leurs vacances. Or, une partie de la clientèle de la côte se décide en "last minute". "Ces réservations tardives confirmeront ou non la tendance positive", ajoute l’expert. "On parle, ici, aussi bien de personnes qui n’ont pas pris de vacances et se décident sur le tard, que de vacanciers qui sont partis à l’étranger et qui en redemandent Pour les uns comme pour les autres, c’est la météo qui décidera. Les disponibilités, en tous les cas, sont là." A condition, bien sûr, de ne pas réclamer la digue. A noter que tant à Pâques qu’en mai et juin, les locations à la côte ont présenté un meilleur taux de remplissage. "Conséquent même", précise Jan Jassogne. "De +11 % à Pâques."

Du côté de Sunparks (4 villages en Belgique) et de Center Parcs (2 villages), les indicateurs sont aussi au vert. "Nous allons avoir un très bon été", assure Erik Van Essen, directeur des ventes.

Moins enthousiaste, la Fédération Horeca Wallonie met en avant un glissement, depuis quelque temps, en matière d’hébergement, de l’hôtellerie classique vers les chambres d’hôtes, les gîtes et campings, moins chers, en même temps qu’une perte de clientèle affaires et séminaires. A l’hôtel Quartier Latin à Marche-en-Famenne (4 étoiles, 75 chambres), par exemple, qui accueille les clients loisirs en général pour un week-end ou quelques jours, "l’été, réservé à la clientèle touristique - les clients affaires, c’est jusqu’à la mi-juin -, s’annonce moins bien que les autres années", selon le responsable des réservations, "hormis le segment des golfeurs, en plein boom". "Nous sommes obligés de jouer sur les tarifs pour attirer les clients", ajoute-t-il. Dont 80% sont des Belges. A l’Hostellerie Le Sanglier des Ardennes (qui regroupe 4 établissements et propose, en tout, 50 chambres) à Durbuy, haut lieu touristique aussi, la période estivale se présente comme l’année dernière : "Ni ralentissement, ni augmentation, dit-on, la clientèle reste fidèle. Peut-être réserve-t-elle un peu plus tard ?"

Enfin, les Gîtes de Wallonie (700 gîtes et 300 chambres d’hôtes en Wallonie) annoncent des réservations stables par rapport à 2008. Ceci dit, les clients se décident souvent au dernier moment, en fonction de la météo. Et "il y a encore de la place".

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