"L’UCM tient au repos hebdomadaire du dimanche"

Mouvement de défense, de représentation et de promotion des indépendants, l’Union des classes moyennes (UCM) s’oppose à toute levée de l’interdiction d’ouverture des commerces et des magasins le dimanche.

Ph. Law.

Mouvement de défense, de représentation et de promotion des indépendants, l’Union des classes moyennes (UCM) s’oppose à toute levée de l’interdiction d’ouverture des commerces et des magasins le dimanche. "Nous tenons à la loi du 10 novembre 2006 sur le repos hebdomadaire, car c’est le seul jour dont disposent les indépendants pour être avec leurs familles. De plus, nous ne croyons pas qu’une levée de cette interdiction participera à une relance de l’économie, car le pouvoir d’achat des ménages n’est pas extensible et ils ne feront que répartir sur sept jours ce qu’ils dépensaient auparavant en six jours. Par ailleurs, l’ouverture des magasins le dimanche ne fera qu’engendrer des frais supplémentaires pour les indépendants", nous a confié Clarisse Ramakers, conseillère à l’Union des classes moyennes et spécialiste de la question au sein du mouvement.

La loi du 10 novembre 2006 impose un repos hebdomadaire le dimanche, soit de 5h du matin à la même heure le lundi, soit de 13 h à la même heure le lendemain. Mais elle autorise toutefois quelques exceptions, notamment pour les stations-services, les gares ou encore les aéroports qui peuvent être ouverts les dimanches. Le principe de la fermeture ne s’applique pas non plus à d’autres commerçants comme les vendeurs de crème glacée à portion individuelle ou encore de denrées alimentaires préparées. Les communes reconnues comme des centres touristiques ou des stations balnéaires peuvent aussi autoriser l’ouverture des magasins le dimanche, comme c’est le cas à Maasmechelen. Les dirigeants de l’ "outlet mall" (magasins d’usines) de Verviers feraient pression pour que la commune de Verviers obtienne le statut de centre touristique, mais la ministre fédérale, Sabine Laruelle (MR, PME, Indépendants), s’y opposerait. "Il n’y a pas tellement de débat chez nous autour de ce sujet, d’autant plus que la loi qui réglemente le sujet est assez récente. La situation est différente en France et la demande d’une ouverture des magasins le dimanche peut s’expliquer par le fait que leurs centres commerciaux sont excentrés. Il sera donc plus facile pour les consommateurs de faire leurs courses le dimanche puisqu’ils doivent sortir des villes pour ce faire", poursuit-elle.

Pour l’UCM, le sursalaire (près de 300 % du salaire normal) exigé par les syndicats en commission paritaire freine les dirigeants qui souhaiteraient une ouverture des magasins le dimanche. Il y a également les amendes et la menace d’un emprisonnement pouvant aller d’un mois à un an pour les contrevenants qui violeraient la loi. Mais n’empêche que certains commerçants s’y risquent, notamment dans la région liégeoise, sur la route du Condroz, où plusieurs magasins sont ouverts le dimanche. "C’est normal qu’ils prennent ce risque, car les amendes sont faibles (de 250 € à 10000 €) et les contrôles sont loin d’être fréquents. Ils font juste la balance des intérêts, car l’amende étant inférieure aux recettes qu’ils peuvent engranger ce jour d’ouverture dominicale", conclut la juriste de l’UCM.

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